Gabriel Coutu-Dumont, The Way of the Willows – Claire Moeder, Contretemps du portrait

Gabriel Coutu-Dumont, The Way of the Willows, 2013, série de 85 épreuves numériques / series of 85 digital prints, formats variés / various sizes. Permission de / courtesy of Galerie Donald Browne. Œuvre réalisée lors d'une résidence au CCA : Centre for Contemporary Arts, à Glasgow, en Écosse, en 2010 / Work produced during a residency at the CCA : Centre for Contemporary Arts, Glasgow, Scotland, in 2010, avec la collaboration de / with the collaboration of Emmanuel Galland, conseiller artistique / artistic advisor, et la complicité de / and the complicity of Brian Sweeney, photographe / photographer. Équipe de production / production team: Felicity Lamb, Scott Brotherton, Mairi MacKenzie, Garry Maclennan, Eve Traynor, Louise Shelley, Brigitte Henry, Janicke Morissette.

Gabriel Coutu-Dumont, The Way of the Willows, 2013, série de 85 épreuves numériques / series of 85 digital prints, formats variés / various sizes. Permission de / courtesy of Galerie Donald Browne. Œuvre réalisée lors d’une résidence au CCA : Centre for Contemporary Arts, à Glasgow, en Écosse, en 2010 / Work produced during a residency at the CCA : Centre for Contemporary Arts, Glasgow, Scotland, in 2010, avec la collaboration de / with the collaboration of Emmanuel Galland, conseiller artistique / artistic advisor, et la complicité de / and the complicity of Brian Sweeney, photographe / photographer. Équipe de production / production team: Felicity Lamb, Scott Brotherton, Mairi MacKenzie, Garry Maclennan, Eve Traynor, Louise Shelley, Brigitte Henry, Janicke Morissette.

À Glasgow, l’artiste Gabriel Coutu-Dumont a établi un studio de photographie provisoire dans la rue Sauchiehall, une artère fréquentée par les noctambules de la ville. Pendant tout une nuit, il a extrait ces passants du tumulte de la rue et les a invités à poser devant l’objectif d’un appareil analogique pour une séance de 20 minutes chacun. C’est ainsi qu’est née The Way of the Willows, une galerie de 80 portraits anachroniques où la composition classique contraste avec l’apparence contemporaine des modèles.

Isolement. Chaque portrait est réduit à une mise en scène dans un espace étroit, neutralisé par l’absence d’arrière-plan. Les figures en buste y apparaissent dans un jeu de lumière direct et travaillé à l’excès qui accentue les reliefs des visages et les plis des vêtements. Le portrait s’organise dans le vide, centralisant la figure sur elle-même pour exclure tout élément extérieur. Avec sa stratégie d’absence de contexte, Gabriel Coutu-Dumont incline vers la définition commune du portrait donnée par Jean-Luc Nancy, soit « la représentation d’une personne considérée pour elle-même1 », allant ainsi à l’encontre d’une observation à dominante sociologique ou d’un récit visuel de la vie nocturne de Glasgow. Il crée des images insituables, suspendues dans le temps.

[Suite de l’article dans la version imprimée et numérique du magazine].

1 Jean-Luc Nancy, Le regard du portrait, Paris, Éditions Galilée, 2000, p.11.

 
Né à Montréal en 1978, Gabriel Coutu-Dumont est un artiste multi- disciplinaire a également travaillé au sein de collectifs (RACAM, nAnalog et Silent Partners) ou collabore avec des organisations (MUTEK). Son travail solo a fait l’objet de plusieurs expositions au Canada et à l’étranger : Sketches of Synchronicity, notamment, mais aussi The Way of the Willows qui sera repris au Centre VU à Québec l’an prochain et fera l’objet d’une publication actuellement en préparation aux Éditions Sagamie. Coutu-Dumont est représenté par la galerie Donald Browne, à Montréal. www.gabrielcoutudumont.com

Claire Moeder est auteure et critique d’art. Depuis 2010, elle est chroniqueuse d’exposition (ratsdeville) et compte plusieurs articles publiés dans les revues esse, Zone occupée et Marges. Elle a contribué à la publication du Mois de la Photo à Montréal de 2009 et à une monographie sur Christian Marclay (2009). Jeune commissaire, elle était en résidence à l’International Studio and Curatorial Program (New York) en 2013 et a réalisé l’exposition Sayeh Sarfaraz. Micropolitiques à la Maison des arts de Laval.

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