Hélène Samson, Exposer Notman – Jacques Doyon

[Hiver 2017]

Hélène Samson est conservatrice de la collection de photographies du Musée McCord depuis 2006. Elle s’intéresse à la collection de photographies vernaculaires canadiennes et à l’actualisation des archives photographiques du XIXe siècle. Elle vient de diriger une publication produite par le Musée McCord et les éditions Hazan (Paris) sur l’oeuvre du photographe canadien William Notman (1826-1891), en complément de l’exposition Notman, photographe visionnaire présentée au Musée McCord du 4 novembre 2016 au 26 mars 2017.

Wm. Notman & Son, Embâcle, rue des Commissaires, Montréal /
Ice shove, Commissaires Street, Montreal, vers/about 1884 négatif sur verre inversé / reversed glass plate negative
© Musée McCord / McCord Museum

Wm. Notman & Son, Embâcle, rue des Commissaires, Montréal /
Ice shove, Commissaires Street, Montreal, vers/about 1884 négatif sur verre inversé / reversed glass plate negative
© Musée McCord / McCord Museum

Une entrevue de Jacques Doyon

JD: Quelle est l’importance du fonds Notman, sa nature, son ampleur ? Quelles ont été les grandes étapes de son inventaire et de sa mise en valeur depuis sa réception par le Musée McCord en 1956 ?

HS: Les archives photographiques du studio Notman à Montréal de 1856 à 1935 ont été acquises par l’Université McGill en 1956 pour en doter le Musée McCord. Ce fonds proprement dit se compose entre autres de 200 000 négatifs sur plaque de verre, de 188 registres de photographies (Picture Books), et de divers documents très riches en information historique comme les registres de clients (Index Books) et des salaires. On estime à 450 000 le nombre de photographies différentes, dont 80 % sont des portraits identifiés. Cela dit, nous parlons actuellement d’une Collection Notman, car nous continuons d’acquérir des photographies et des objets relatifs à William Notman et à son entreprise. Depuis cette grande acquisition, de nombreux dons provenant des descendants du photographe et de collectionneurs ont grandement contribué à enrichir cette collection.Par exemple, le Carnaval de patinage (1870), cette fameuse photographie composite peinte à l’huile qui représente près de 150 personnages à la patinoire Victoria, est un don de Geoffrey Notman, petit-fils de William Notman, en 1965. Il en est de même pour la correspondance familiale, les papiers administratifs et une pléthore de photographies conservés par la famille Notman et offerts au Musée McCord au cours des dernières décennies.

Je vois deux grandes étapes dans l’exploration de cette collection. D’abord l’immense travail de Stanley Triggs, le premier conservateur en poste de 1965 à 1993, qui, pendant trente ans, a étudié les archives du studio et publié ses recherches. On lui doit le remarquable livre Portrait of a Period (1967), qui révélait au public un corpus extraordinaire. Son travail va de pair avec celui de Nora Hague, qui a été la principale catalogueuse des négatifs et des épreuves, de 1965 à 2015. Puis il y a eu le vaste chantier du catalogue numérique et de la numérisation des photographies sous la direction de Nicole Vallières dans les années 1980 et 1990, une entreprise qui se poursuit encore.

JD : Notman, photographe visionnaire est présentée comme la première exposition rétrospective de son travail. Quelle est l’importance de ce projet ? Pourquoi une telle rétrospective n’est-elle possible que maintenant ?

HS : Cette première rétrospective de l’oeuvre de Notman permet aux néophytes de le découvrir dans toute son ampleur et de mesurer sa postérité. Elle complète le portrait pour ceux qui ont déjà entendu parler du personnage, mais en ont une idée vague…

[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine. En vente partout au Canada jusqu’au 26 mai 2017 et sur notre boutique en ligne.]

 
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