Martha Langford, À propos de Speaking Photography – Jacques Doyon

[Printemps-été 2014]

Clifford Owens, Photographs with an Audience (Houston), Hold no. 1 and no. 2 (details), 2011, c-prints, 20 x 24” each. Presented by Lucy Soutter, in “Beyond Photography: Persistence of the Photographic in Contemporary Art ”, January 17, 2014

Clifford Owens, Photographs with an Audience (Houston), Hold no. 1 and no. 2 (details), 2011, c-prints, 20 x 24” each. Presented by Lucy Soutter, in “Beyond Photography: Persistence of the Photographic in Contemporary Art ”, January 17, 2014

Professeure en histoire de l’art, Martha Langford est directrice et titulaire de la chaire de l’Institut de recherche en art canadien Gail et Stephen Jarilowsky de l’Université Concordia, à Montréal. Ses publications sur la photographie comprennent Suspended Conversations: The Afterlife of Memory in Photographic Albums (2001), Scissors, Paper, Stone: Expressions of Memory in Contemporary Photographic Art (2007), A Cold War Tourist and His Camera (2011), coécrit avec John Langford, et la direction de l’ouvrage collectif Image & Imagination (Mois de la Photo à Montréal, 2005), tous parus chez McGill-Queen’s University Press. L’Institut de l’art canadien a publié en mars 2014 son livre numérique Michael Snow: Life and Work / Sa vie et son œuvre. speakingofphotography.concordia.ca

Jacques Doyon : Les universités et les musées proposent régulièrement des colloques et des cycles de conférences sur l’art, mais très peu d’entre eux concernent spécifiquement la photographie. Le seul programme qui me vienne à l’esprit, c’est la Kodak Lecture Series de l’Université Ryerson, à Toronto, qui achève sa trente-huitième année et qui vous a sans doute servi de modèle. Dans quel contexte la série Speaking of Photography est-elle née, et dans quel but ?
Martha Langford : Ce programme est né d’une conversation avec Robert Graham, un très bon ami, spécialiste de la photographie et généreux mécène des idées en art. J’enseignais depuis peu à l’Université Concordia, où j’espérais développer un ambitieux cursus en photographie. Robert a proposé de financer une série de conférences sur la photographie, sans y mettre aucune condition, et pour aussi longtemps que je le souhaitais. C’était parfait sur tous les plans : la liberté est toujours appréciable, mais un financement stable permet de tisser des liens avec des conférenciers potentiels et, plus encore, de développer un public. Au départ, je pensais simplement à nos étudiants. J’ai fait mon baccalauréat au Nova Scotia College of Art and Design je me réfère ici à une période très stimulante au NSCAD (j’ai obtenu mon diplôme en 1975), où le programme des artistes invités était célèbre à juste titre et je voulais offrir à mes étudiants l’occasion de rencontrer certains des chercheurs qui influençaient leur travail. Cela se voulait à la fois inspirant et instructif.

La série de conférences Kodak est une brillante réussite, mais elle est axée principalement sur les praticiens : c’est donc un projet très différent. Je n’y ai jamais pensé comme à un modèle, sauf peut-être sur un point. Lorsque j’y ai moi-même pris la parole en 1992, j’ai été présentée de façon extrêmement généreuse par un grand photographe très impliqué dans le milieu, Phil Bergerson. J’ai flotté jusqu’au podium ! Il y a donc un art de rendre véritablement hommage au parcours des conférenciers, à leur humanité. Speaking of Photography privilégie ainsi une atmosphère très chaleureuse, y compris et surtout à l’occasion d’un débat. Traduit par Emmanuelle Bouet.

[Suite de l’entrevue par Jacques Doyon dans la version imprimée et numérique du magazine].

Jacques Doyon est rédacteur en chef et directeur de la revue Ciel variable depuis 2000.

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