Vivre sa ville

[Été 1989]


par Danielle Roger

Qui a peur de la ville?
Sûrement pas les collaborateurs de CIEL VARIABLE. Lancés dans l’aventure, caméra ou crayon en main, ils ont relevé le défi — témoignages et images à l’appui — de nous faire partager leur vision de «la Chose».

Tapie au milieu de ses rues, ses buildings, ses autoroutes, dans la rumeur de son trafic, la ville se découvre et se montre telle qu’elle est : monstrueuse et magnifique. Car si pour certains, l’horreur est urbaine, pour d’autres, la ville est belle.

On se jette dans la ville éternelle comme les hirondelles se jettent dans le vide. À Rome, surtout pour la vue. La beauté est omniprésente et l’amante de la «città eterna» y vend son corps à prix d’«amici». À Venise, une histoire vraie qui trempe dans des eaux glauques: le Ghetto. Même la ville la plus admirée du monde a une partie honteuse à cacher. Plus au nord, on aime s’imaginer marchant sous la pluie. Question d’atmosphère. Les villes changent, se suivent, et finissent par ne plus se ressembler. Le temps efface jusqu’au souvenir des villes où on a vécu. Tout doit disparaître!

Marcher sur les 3200 kilomètres de trottoirs à Montréal, rencontrer quelqu’un, l’aimer, et passer son chemin. En ville on ne laisse pas de traces. Gardez votre ville propre! Si la ville est une jungle, le métro est une plante carnivore qui vous mange la vie. Attention aux heures de pointe! Un peu de verdure avec ça? Ils poussent, ils poussent, les buildings. Gris, laids, bêtes et modernes, les envahisseurs sont là. Vite. Entrez dans CIEL VARIABLE.

P.S. : Tenue de ville non obligatoire.