Yinka Shonibare, MBE – Colette Tougas

[Hiver 2016]
Yinka Shonibare, Un Ballo in Maschera (A Masked Ball), 2004 ; Odile and Odette, 2005 ; Addio del Passato, 2011, vues de l’exposition Yinka Shonibare MBE. Pièces de résistance, 2015, DHC/ART Fondation pour l’art contemporain, Montréal, photos : Richard-Max Tremblay

Yinka Shonibare, Un Ballo in Maschera (A Masked Ball), 2004 ; Odile and Odette, 2005 ; Addio del Passato, 2011, vues de l’exposition Yinka Shonibare MBE. Pièces de résistance, 2015, DHC/ART Fondation pour l’art contemporain, Montréal, photos : Richard-Max Tremblay

Pièces de résistance
DHC/ART Fondation pour l’art contemporain,
Montréal Du 29 avril au 20 septembre 2015

par Colette Tougas

[Extrait]
DHC/ART présentait récemment la première exposition majeure au Canada du travail de Yinka Shonibare, artiste britannico-nigérian né à Londres, où il vit et travaille actuellement. Finaliste du prix Turner en 2004 et nommé membre du Most Excellent Order of the British Empire (MBE) (titre qu’il a adjoint à son nom d’artiste) en 2005, il est élu Académicien royal par la Royal Academy of Arts de Londres en 2013. C’est en répondant à une commande du commissaire Okwui Enwezor dans le cadre de la Documenta 10 en 2002 qu’il s’est fait connaître sur la scène internationale.

L’exposition de DHC/ART met l’accent sur le « principal dispositif conceptuel et formel1 » de l’artiste polyvalent qu’est Yinka Shonibare, MBE : le tissu « wax » africain, qu’il a commencé à utiliser comme matériau dans les années 1990. Fabriqué par les Hollandais, eux-mêmes « inspirés » du batik indonésien, et adopté par les Africains au xixe siècle, ce tissu en est venu à représenter pour Shonibare les liens complexes entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique.

Dans les deux édifices de DHC/ART, il était possible de voir comment l’artiste habille de ce matériau flamboyant une galerie de personnages, souvent décapités, pour traiter d’inégalité sociale par l’intermédiaire de références au colonialisme et à son ancrage dans le siècle des Lumières. On y croisait des figures historiques comme l’amiral Horatio Nelson et le philosophe Immanuel Kant, ainsi que des personnages tirés des oeuvres d’artistes comme Géricault, Gainsborough et Goya, ou issus des compositions de Verdi et de Tchaïkovski. Photographies, cabinets, installations, vidéos haute définition, sculptures, opéra, chorégraphie – les créations de Shonibare prennent plusieurs formes et chemins pour matérialiser ses objets de réflexion…

1 Cheryl Sim, commissaire, texte du dépliant accompagnant l’exposition à DHC/ART.

 
[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine.]

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