Nadia Seboussi – Claudia Polledri

[Printemps-été 2016]
Nadia Seboussi, 24 heures à Bombay et Le péché originel, 2015, vue de l’exposition Hidad, photo : Marilou Crispin

Nadia Seboussi, 24 heures à Bombay et Le péché originel, 2015, vue de l’exposition Hidad, photo : Marilou Crispin

Hidad
Dazibao, Montréal
Du 19 novembre 2015 au 30 janvier 2016

par Claudia Polledri

[Extrait]
Avec l’installation Hidad – terme arabe qui signifie deuil – l’artiste montréalaise d’origine algérienne Nadia Seboussi propose une relecture contemporaine des photographies journalistiques du conflit civil algérien réinterprété à la lumière de l’iconographie traditionnelle des lamentations.

Le dispositif est simple et très efficace. Trois tableaux noirs – « noirs » comme la couleur associée au deuil en Occident, et « trois » comme le nombre de jours que la tradition islamique prévoit pour la période de hidad – occupent la totalité du mur et servent de support aux images. Outre le fait de permettre d’orienter le regard du spectateur vers les projections, ce décor symbolise, d’un point de vue plastique, la sobriété souhaitée par les coutumes pendant la période du deuil. Les images affichées, parfois sur les trois tableaux simultanément, parfois en alternance, montrent des hommes et des femmes qui donnent vie à une chorégraphie dépourvue, toutefois, de toute parole. Les mots étant évacués, comme si aucune verbalisation de l’événement n’était possible, ce sont étreintes désespérées, le spectateur suit les mouvements lents, parfois imperceptibles, mais qui s’accentuent lorsqu’on s’arrête sur les traits déformés des visages.

[Suite de l’article dans les versions imprimée et numérique du magazine.]

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