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L’image des mots / The Image of Words

La bibliothèque, 1987, épreuve à la gélatine argentique / gelatin silver print, permission de / courtesty of Maison européenne de la photographie, © Christine Guibert

Du 9 février au 10 avril dernier, la Maison européenne de la photographie, située à Paris, présentait une rétrospective des œuvres du photographe et écrivain Hervé Guibert. Première du genre, elle réunissait quelque 230 images1. J'ai eu la chance de visiter l'exposition, un matin de semaine à l'ouverture du musée. J'étais pour ainsi dire seul dans les salles (fait rare à la MEP). Cette précision est importante, car le nombre imposant de tirages de petits formats noir et blanc et leur présentation serrée sur deux rangées exigeaient une visite patiente et attentive certainement très difficile s’il y a beaucoup de visiteurs. Se retrouver seul devant ces photographies fortement chargées émotivement appelait également à un certain recueillement.

La sélection d'images présentée dans l'exposition était basée sur celle effectuée par Guibert peu de temps avant sa mort pour constituer son legs photographique. Guibert demeure un grand écrivain et une icône des « années sida ». Plusieurs de ses livres ont connu d'importants succès et ont véritablement marqué une génération. En 1981, il publie L'image fantôme – sorti un an après La Chambre claire de Barthes et qui en reprend d'ailleurs plusieurs thèmes –, une réflexion subjective composée de courts textes sur le rapport ambigu qu'il entretient avec la photographie. Pour celles et ceux comme moi, qui ont étudié la photographie dans les années quatre-vingt, L'image fantôme était considéré comme un livre-culte au même titre que celui de Barthes. De 1977 à 1985, Guibert a été également critique de photographie au journal Le Monde.

Suite de l’article dans la version imprimée du magazine. En vente partout au Canada et aux États-Unis jusqu’au 15 janvier 2012.

Biographie de l’auteur

Franck Michel œuvre depuis plus de vingt ans dans le milieu des arts visuels et plus particulièrement en photographie. Il a été associé au Mois de la Photo à Montréal, comme recherchiste et commissaire d’exposition, puis a occupé les postes de rédacteur en chef de la revue CV Photo et directeur de la galerie VOX. Il a signé notamment le commissariat de la première rétrospective de Gabor Szilasi (MBAM, 1997), d’Arnaud Class (1999) et de Michel Saulnier (2008). De 1999 à 2008, il a assuré la direction du centre Est-Nord-Est, résidence d’artistes et diffusion en art contemporain, et depuis décembre 2008, il dirige le Musée régional de Rimouski.

From 9 February to 10 April 2011, the Maison européenne de la photographie in Paris presented the first-ever retrospective of the works of photographer and writer Hervé Guibert, comprising some 230 images.1 I had a chance to visit the exhibition on a weekday morning when the museum opened, so I was just about alone in the galleries (something rare at this museum). This is worth mentioning, because the imposing number of small-format black-and-white prints and their tight presentation in two rows required a patient and attentive viewing, which is certainly very difficult when there are crowds of people. Finding myself alone before these emotionally charged photographs, I had time for some contemplation.

The images chosen for the exhibition were based on the selection made by Guibert, not long before his death, to form his photographic legacy. Guibert was a great writer and an icon of the “AIDS years.” Many of his books were bestsellers that made a mark on an entire generation. In 1981, he published L’Image fantôme – one year after Barthes’s La Chambre claire came out and exploring many of the themes – a subjective reflection composed of short essays on his ambiguous relationship with photography. For people who, like me, studied photography in the 1980s, L’Image fantôme was considered as much a cult book as La Chambre claire. From 1977 to 1985, Guibert was also a photography critic for Le Monde.

See the printed magazine for the complete article. On sale throughout Canada and the United States until January 15, 2012.

Author Biography

Franck Michel has been working in the visual arts community, particularly in photography, for more than twenty years. He was a researcher and exhibition curator for Mois de la Photo à Montréal, then editor-in-chief of CV Photo and director of Galerie VOX. He curated Gabor Szilasi’s first retrospective (MBAM, 1997), as well as retrospectives of the work of Arnaud Class (1999) and Michel Saulnier (2008). From 1999 to 2008, he was director of Centre Est-Nord-Est, résidence d’artistes et diffusion en art contemporain; since December 2008, he has been director of the Musée régional de Rimouski.

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