Guillaume Lafleur, Pratiques minoritaires. Fragments d’une histoire méconnue du cinéma québécois (1937-1973) – Alexis Desgagnés

[Automne 2015]
Guillaume Lafleur, Pratiques minoritaires Fragments d’une histoire méconnue du cinéma québécois (1937-1973)

Guillaume Lafleur, Pratiques minoritaires
Fragments d’une histoire méconnue du cinéma québécois (1937-1973)

Montréal, Éditions Nota Bene, 2015, 166 p., ill.

Par Alexis Desgagnés

[Extrait]
Toute pratique historienne suppose un choix éthique décisif : l’historien se satisfera-t-il de camper son discours dans l’évidence relative et la sécurité illusoire du canon, ou cherchera-t-il plutôt à éclairer humblement les quelques traces intelligibles qu’il aura soutirées au chaos de l’éternité ? C’est sous la tension de cette dialectique qu’il faut lire Guillaume Lafleur. Le livre qu’il consacre à quelques pratiques cinématographiques jusqu’ici boudées par la critique spécialisée s’ouvre d’ailleurs sur l’énoncé d’un souhait : que soit enfin entreprise une relecture de la « grande fiction » qu’est l’histoire du cinéma québécois. En marge des principales institutions, en premier lieu de l’Office national du film du Canada (ONF), plusieurs oeuvres, dont l’auteur met habilement l’importance en lumière, ont été produites hors du cadre dominant de l’industrie québécoise entre 1937 et 1973. Nombre de raisons expliquent le silence régnant sur ce pan méconnu de notre cinématographie nationale : ségrégation d’oeuvres considérées comme appartenant au cinéma amateur, pauvreté du commentaire qu’elles ont suscité, diffusion restreinte, voire inexistante, inaccessibilité relative des copies et tutti quanti. Redevable à la cinéphilie « militante », « désintéressée et insoumise » de Patrick Straram, dont il dit s’être inspiré, Lafleur propose donc quelques « fragments » d’une histoire parallèle du cinéma d’ici…

[Suite de l’article dans les versions imprimée et numérique du magazine.]

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