Campeau, Carrière, Clément: Accumulations – Mona Hakim

[Hiver 2016]
Serge Clément, Bertrand Carrière et Michel Campeau, Babillard (détail), archives photographiques provenant de la collection personnelle des trois artistes, photo : Guy L’heureux

Serge Clément, Bertrand Carrière et Michel Campeau, Babillard (détail), archives photographiques provenant de la collection personnelle des trois artistes, photo : Guy L’heureux

Galerie Simon Blais, Montréal
Du 4 septembre au 10 octobre 2015

par Mona Hakim

[Extrait]
La cohabitation des oeuvres de Serge Clément, Bertrand Carrière et Michel Campeau allait tout naturellement de soi tant leurs liens professionnels et personnels se sont soudés au fil du temps et à même les mailles d’une histoire de la photographie au Québec. La commissaire invitée, Zoë Tousignant, en a très bien saisi le pouls, ajoutant une voix supplémentaire et complice à ce trio tissé serré avec qui elle a travaillé en étroite collaboration. Comme le titre l’indique, Campeau, Carrière, Clément : Accumulations propose une exposition riche en images, explicitant du coup les signes d’un langage photographique que des strates temporelles ont édifié et inscrit dans une trajectoire actuelle de la photographie. Le dispositif de présentation des oeuvres, en constellations, est lui-même à l’image de la production de ces trois photographes : foisonnant et expansif.

D’entrée de jeu, on saluera l’initiative inédite prise par Simon Blais de réserver la totalité des murs de sa galerie à la photographie avec trois de ses protégés. Occupation maximale de l’espace donc pour les oeuvres de ces trois photographes, dont la présentation dans un même lieu constitue également une première. Leurs projets récents respectifs sont bien sûr mis en vedette, certains d’entre eux regroupant près d’une dizaine d’années de prises de vues. Chez Bertrand Carrière, il s’agit d’images tirées de sa volumineuse et touchante série Le capteur (2006-2014) qu’il présente ici sous forme de polyptyques – fondus enchaînés de moments intimes –, alors qu’un agencement de quarante-deux albums recensant les centaines d’images de la série forme un long écrin noir sur le mur, sorte de manifeste poétique d’un capteur boulimique du quotidien…

[Suite de l’article dans les versions imprimée et numérique du magazine.]

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