Daido Moriyama – Michèle Cohen Hadria 


[Printemps-été 2016]
Daido Moriyama, Tokyo Color, 2008-2015, tirage chromogène, 112 × 149 cm

Daido Moriyama, Tokyo Color, 2008-2015, tirage chromogène, 112 × 149 cm

Daido Tokyo
Fondation Cartier pour l’art contemporain
Du 6 février au 5 juin 2016

par Michèle Cohen Hadria

[Extrait]
L’artiste lui-même était-il convaincu ? Plutôt récapitulative, l’exposition Daido Tokyo tenait d’une sorte d’exercice trahissant un sérieux écart entre un corpus hier charbonneux, évasif, et ces tirages en couleur à l’insolite quelque peu anecdotique. Nous sommes loin des photographies qu’une pagination « all-over » rendait paradoxalement muettes et qui, parcourues par une traînée de suif sensible, translucide, avaient valu à l’artiste une reconnaissance internationale. Destinées au livre de photographies, ses œuvres, glissées sous verre et passe-partout, avaient pourtant connu meilleure fortune à la galerie Polka, à Paris, en 2006. Du moins y sentait-on toujours ces foules grouillantes et ces solitudes plus inaperçues d’enfants, d’animaux : cheval noir ou écolière en uniforme…

Si Dog and Mesh Tights (2014-2015) reprend ce noir et blanc, son diaporama dressé en pages de livre y suggère trop le livre, précisément, sans en égaler le charme tactile. Ainsi ces vues officieuses ou sordides de Tokyo, Hong Kong, Taipei, Arles, Houston, Los Angeles gardent-elles un goût de figures imposées, les sons off – rails, crissements, voix citadines, haut-parleurs de gare – ne parvenant pas davantage à restituer la densité des photographies qui, hier, nous propulsaient au seuil de silencieux cyclones

[Suite de l’article dans les versions imprimée et numérique du magazine.]

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