Nelson Henricks – Charles Guilbert

[Automne 2017]

Life Session
Optica
Du 28 janvier au 25 mars 2017

Par Charles Guilbert

[Extrait]
Avec Life Session, Nelson Henricks ajoute une pièce intéressante à l’œuvre qu’il élabore depuis près de 30 ans. Par sa façon d’aborder le réel en mêlant analyse, travail formel, subjectivité et humour, et par l’intérêt qu’il accorde aux choses les plus nobles comme les plus triviales, cet artiste se rapproche de l’essayiste. Il acquiescerait sans doute à cette phrase de Montaigne : « Il n’est sujet si vain qui ne mérite un rang en cette rhapsodie. » Le point de départ de l’exposition Life Session est un film éponyme de 10 minutes réalisé en 1977 par Falcon Studios, l’un des plus grands producteurs de pornographie gaie au monde. Mais ce film, on ne le découvre – et seulement en partie – qu’après avoir traversé deux espaces, l’exposition tout entière nous entraînant dans une sorte de narration en trois temps (situation initiale, péripéties, dénouement).

Dans le premier espace se trouve un projecteur 16 mm diffusant en boucle un avertissement quant au contenu explicitement sexuel d’un film et au nécessaire consentement du spectateur. En isolant cet élément « littéraire », Henricks installe l’ambiguïté de son projet, où se croisent politique (mise en relief de la règlementation des images), esthétique (regard ironique sur les conventions et les clichés), histoire (réflexion sur le temps à travers les technologies) et érotisme (production, à travers l’interdiction, d’un désir de voir). Il dévoile en même temps sa méthode, qui consiste à déplacer « l’objet », à le sortir de son contexte, pour l’analyser, mais aussi pour en faire un objet de rêverie…

[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine. En vente partout au Canada jusqu’au 26 janvier 2018 et sur notre boutique en ligne.]
 

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