Thierry Gervais dir., The « Public » Life of Photographs – Samuel Gaudreau-Lalande et Julie-Ann Latulippe

[Automne 2017]

The « Public » Life of Photographs
RIC Books, Toronto, et MIT Press, Cambridge, 2016
Thierry Gervais (dir.)
275 pages

Par Samuel Gaudreau-Lalande et Julie-Ann Latulippe

[Extrait]
Depuis sa création en 2012, le Ryerson Image Centre (RIC – Université Ryerson, Toronto) multiplie les initiatives pour l’avancement des études photographiques. À ses programmes d’expositions, de conférences et de bourses de recherche s’ajoute désormais une collection de livres, publiée conjointement avec les éditions du Massachusetts Institute of Technology, et qui est inaugurée par The «Public» Life of Photographs, une collection d’essais sous la direction de Thierry Gervais.

La prolifération des supports matériels et numériques a rendu caduc le projet de la détermination d’une nature spécifique au photographique. Dans ces circonstances, comme le souligne le commissaire et directeur du RIC Paul Roth dans son avant-propos, la question de la vie des images se retrouve au cœur de la recherche en études photographiques. Comment rendre compte de l’évolution et de la diversité des photographies au gré de leurs incarnations distinctes dans la sphère publique ? C’est à cette réflexion que contribuent les essais publiés dans The «Public» Life of Photographs et originellement livrés lors d’un colloque éponyme tenu au RIC en mai 2013. L’ouvrage est divisé en trois sections qui interrogent chacune un aspect majeur de la présence publique des photographies : la culture de masse, l’information visuelle et les pratiques artistiques.

Joel Snyder amorce la première section en faisant l’histoire d’un concept‑clé des études photographiques, la reproduction. Il souligne que le terme fait son entrée en biologie au XVIIIe siècle par le biais d’une métaphore graphique et, que dès 1830, il possède deux sens distincts : la génération de semblables par la copie et de multiples par l’impression à partir d’une matrice. Pour Snyder, la confusion de ces deux sens par Walter Benjamin a contribué à répandre l’idée erronée que toute photographie est la reproduction d’un original, l’image dans l’appareil photo, ce qui a détourné les chercheurs de l’histoire longue et complexe de la production de masse des images.

C’est précisément à cette tâche que s’attaque Geoffrey Batchen, qui affirme la nécessité d’une histoire non plus de la fabrication des photographies, mais de leur dissémination. Pour ce faire, Batchen raconte l’histoire des débuts du médium depuis le point de vue du commerce des images. Il décrit les liens étroits unissant la gravure, la presse illustrée et la photographie et montre comment les daguerréotypes sont au centre d’un important réseau de circulation dès le début des années 1840, ce qui inscrit leur reproduction dans la logique marchande du capitalisme…

[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine. En vente partout au Canada jusqu’au 26 janvier 2018 et sur notre boutique en ligne.]
 
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