Land/Slide, An exhibition on possible futures – Janine Marchessault, Activer les archives

Jean-Michel Crettaz & Mark-David Hosale (with Duly Lee, Michaela Neus, F. Myles Sciotto, and Marco Verde), Quasar 2.0: Star Incubator, 2012, immersive interactive light and sound installation / installation immersive et interactive son et lumière, photo : Walter Willems

Jean-Michel Crettaz & Mark-David Hosale (with Duly Lee, Michaela Neus, F. Myles Sciotto, and Marco Verde), Quasar 2.0: Star Incubator, 2012, immersive interactive light and sound installation / installation immersive et interactive son et lumière, photo : Walter Willems

Les images sont plus que jamais reliées à notre environnement physique, ouvrant littéralement de nouveaux espaces d’interactivité et des liens de connexion qui transforment notre expérience de la ville, ses formes sémiotiques, ses modes de rassemblement, de navigation virtuelle et de mouvements publics. Selon Valérie November, Eduardo Camacho-Hübner et Bruno Latour, « l’utilisation généralisée des cartes virtuelles sur écran, au lieu des cartes imprimées, a largement étendu la signification du mot navigation. » 1 Ces auteurs définissent les nouveaux environnements cartographiques en temps réel reposant sur la technologie GPS et identifient une nouvelle expérience de la territorialité dans les espaces urbains. En particulier, ils différencient les systèmes mimétiques et de navigation, expliquant l’importance de la notion de cartographie pour la construction du sens dans la cité. Ils soulignent la flexibilité des formes de navigation qui permettent aux usagers d’aller et de venir aisément entre les interfaces 2D et 3D, entre le détail local et la vue d’ensemble du territoire ou de la planète que nous offre Google Earth. Les écrans urbains, les appareils mobiles, la cartographie numérique, les médias ambiants et omniprésents de toutes sortes créent des écosystèmes où évoluent des communautés entières, offrant parallèlement des niches à des individualités distinctes. Ils créent également des strates de temporalités simultanées et des réseaux d’histoires qui coexistent en un même lieu.

Une nouvelle génération d’artistes utilise les technologies médiatiques pour explorer ces interfaces, ainsi que la signification de la trans-localité des espaces publics et des réseaux mobiles, configurations distinctes inscrites dans l’espace – ou souvent dans plusieurs espaces et plusieurs périodes à la fois. Comment ces pratiques artistiques amènent-elles de nouvelles formes d’art public et d’installations virtuelles in situ, tout en servant d’outil pour approfondir la communication et les formes d’art médiatique ?

[Suite de l’article dans la version imprimée et numérique du magazine.]

Janine Marchessault est titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en art, médiums numériques et mondialisation à l’Université York de Toronto. Elle est directrice du Visible City Project à l’Université York, qui examine l’univers de l’art urbain au XXIe siècle. Elle est l’auteur de McLuhan: Cosmic Media (Sage, 2005) et co rédactrice de Fluild Screens, Expanded Cinema (UTP, 2007). En 2009, elle a monté en collaboration THE LEONA DRIVE PROJECT une exposition spécifiquement conçue pour six bungalows inoccupés des années 1940 situés à Willowdale, Ontario. Elle a également participé en tant que commissaire au projet monumental du Nathan Phillips Square, Museum for the end of the World, pour la Nuit Blanche 2012 à Toronto. Son dernier projet en cours est Land/Slide: Possible Futures, une exposition où plus de trente artistes issus de divers domaines proposeront des créations in situ sur l’avenir du territoire dans l’une des régions du Canada où la croissance est la plus rapide. Marchessault a récemment reçu une bourse de la Fondation Trudeau, qui souligne son apport en termes de recherche et de commissariat au domaine des arts publics et des cultures civiques.

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