Kim Waldron, Beautiful Creatures – Sonia Pelletier, Au travail ou à l’œuvre

Kim Waldron, Rabbit Skinning, 2013, de la série / from the series Beautiful Creature, impression jet d'encre / inkjet print, 102 x 103 cm

Kim Waldron, Rabbit Skinning, 2013, de la série / from the series Beautiful Creature, impression jet d’encre / inkjet print, 102 x 103 cm

Au fil des ans, on a pu observer une tendance forte se dégageant du travail photographique de Kim Waldron, un fil conducteur ou un modus operandi qui perdure depuis les tout premiers débuts. Bien que l’artiste soit le plus souvent présente dans ses images, bien qu’elle soit au centre de ses œuvres, il ne s’agit pas pour autant d’un « spectacle de soi ». Je dirais plutôt que chaque exposition, structurée en une série d’images, relève davantage de récits de vie se présentant comme des « pratiques de soi » reliées à des milieux de travail et à ce qui s’y passe. En établissant une liaison entre soi et l’autre et en permettant une transformation et une acquisition de connaissances, le travail construit des identités que l’artiste adopte dans son œuvre. Chaque projet comporte sa part d’inédit et est habité, pour reprendre Foucault, par une certaine « esthétique de l’existence ». Le processus de création ancré dans le travail est pour une grande part dans cette esthétique et permet, du même coup, de percevoir un transfert du lieu d’expérience vers celui de l’art.

Plus concrètement, la plupart des projets de Kim Waldron sont élaborés lors de résidences. C’est durant ces longs séjours que l’œuvre émerge et permet à l’artiste, en se mettant dans la peau de l’autre, d’établir des liens entre le privé et le public et d’expérimenter l’inconfort, le contrôle ainsi que sa propre perte. En bout de piste, en plus de développer de la gratitude et d’amener à une prise de conscience, l’engagement de l’artiste à vouloir redonner à l’autre accès à des espaces privés ouvre sur un « partage du sensible »…

[Suite de l’article dans la version imprimée et numérique du magazine.]

Kim Waldron est née à Montréal. Elle est titulaire d’un baccalauréat en art de l’Université NSCAD et d’une maîtrise en art de l’Université Concordia. Ses œuvres ont fait l’objet de plusieurs expositions, notamment au Musée régional de Rimouski, à Oboro (Montréal), à l’Œil de Poisson (Québec), à Gallery 44 (Toronto), à l’Eyelevel Gallery (Halifax), à l’Art Gallery of Windsor ainsi qu’à La Centrale Galerie Powerhouse (Montréal). En 2013, elle obtenait la bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain et elle vient tout juste de se voir octroyé le prix Pierre- Ayot 2013, de la ville de Montréal. kimwaldron.com

Sonia Pelletier est coordonnatrice à l’édition de la revue Ciel variable.

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