[Hiver 2026]
Mise au point sur la photographie québécoise
Une entrevue de Michel-Hardy Vallée par Charles Guilbert
[EXTRAIT]
Qui aurait dit qu’une des plus stimulantes – et l’une des premières – histoires de la photographie au Québec serait issue d’un projet pédagogique destiné à des élèves de cégep, édité et mis en ligne par le Centre collégial de développement de matériel didactique (CCDMD) ? Mise au point sur la photographie québécoise, avec ses 69 études de cas et ses 10 essais thématiques, est un incontournable pour quiconque s’intéresse à cet art dont l’évolution est passionnante. Lors de notre rencontre avec Michel Hardy-Vallée, qui est chargé de projet pour le CCDMD – mais aussi historien de la photographie, chercheur et critique –, nous avons voulu comprendre les orientations, les critères et les valeurs qui ont sous-tendu cet impressionnant travail collectif.
charles guilbert : Lors de la conception de Mise au point sur la photographie québécoise, quelle a été votre préoccupation première ?
michel hardy-vallée : Lorsque Flavie Boucher, enseignante au programme de photographie du cégep de Matane, a déposé le projet au CCDMD, elle a bien montré qu’il n’existait pas d’ouvrage de référence synthétique, et adapté au collégial, permettant d’appréhender l’histoire de la photographie à partir du corpus québécois. D’excellents livres se penchent sur des périodes ou des mouvements particuliers, mais aucun ne permet de saisir le développement de la photo d’ici dans sa continuité. Flavie a conçu une solide ébauche de table des matières, qui a été bonifiée par l’équipe de 11 rédacteurs, puis par les répondants d’une trentaine de départements du réseau qui ont donné leur appui au projet (photographie, arts visuels, histoire de l’art, cinéma et même français). Ce qui nous importait, c’était de traverser l’histoire – de 1839, année de la présentation du daguerréotype à l’Académie des sciences en France, jusqu’à aujourd’hui – sans omettre des périodes afin de bien faire comprendre la transformation continuelle de la photographie. Nous tenions à prouver que, contrairement à ce que des critiques ont pu écrire dans les années 1970 – Gilles Toupin, par exemple –, la photo québécoise n’est pas née durant cette décennie.
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[ Numéro complet, en version papier et numérique, disponible ici : Ciel variable 131 – Collectionner ]
[ L’article complet en version numérique est disponible ici : Mise au point sur la photographie québécoise]
Auteur de textes sur l’art depuis 1987, Charles Guilbert a publié son travail dans des journaux, des revues et des catalogues. Il est aussi artiste multidisciplinaire (arts visuels, musique, vidéo, littérature). Ses oeuvres ont été présentées dans une dizaine de pays et font partie de collections muséales. En 2023, il a publié aux Herbes
rouges Le bord coupant du jour.








