Benoit Aquin, Mégantic photographié – Vincent Lavoie

[Automne 2015]
Benoit Aquin, Revêtement de polymère, extérieur de maison fondu, 2013, de la série Mégantic, 2013-2014, impression jet d’encre, 101 x 152 cm

Benoit Aquin, Revêtement de polymère, extérieur de maison fondu, 2013, de la série Mégantic, 2013-2014, impression jet d’encre, 101 x 152 cm

Musée des beaux-arts de Montréal
Du 18 février au 24 mai 2015

Par Vincent Lavoie

[Extrait]
Comment photographier la tragédie de Lac-Mégantic ? À cette question délicate, Benoit Aquin propose une réponse visuelle réfléchie, complexe, rejetant aussi bien les figures imposées du genre journalistique que les métaphorisations esthétiques de ses contreparties artistiques. C’est donc en vain que l’on cherchera dans cette exposition ces représentations outrancières de la détresse humaine coutumières du photojournalisme canonique. De plus, aucune monstration explicite de l’épicentre du drame ou d’exhibition impudique de la source du mal – le brasier d’hydrocarbures – ne vient happer l’attention du spectateur. Il n’y a pas, dans cette exposition, d’images ostentatoires de la catastrophe. Les photographies composant la série Mégantic ne sauraient pour autant être qualifiées d’allusives, d’elliptiques ou de contre-informatives. Aucun abus esthétique ni aucune exacerbation stylistique particulière ne vient en effet atténuer le fort indice de réalité immanent à ces images prises dans l’après-coup de l’événement. Quel équilibre, ou plus précisément quel déséquilibre critique dès lors établir entre deux types de traitement aux ambitions antagonistes : une littéralité impudente qui contrecarre le nécessaire travail d’imagination d’une part, une symbolisation excessive qui vide de leur substance politique les plus graves sujets d’autre part ? …

[Suite de l’article dans les versions imprimée et numérique du magazine.]

Acheter cet article