Douala à ciel ouvert – Erika Nimis

[Automne 2015]
Christian Hanussek, Collectif Autodafé Ring Douala, 2007.

Christian Hanussek, Collectif Autodafé Ring Douala, 2007.

[Extrait]
Douala1. Fin janvier 2015. Premiers pas dans les rues de cette ville portuaire, capitale économique du Cameroun. Douala est une ville qui vibre et vous échappe à tout moment. Premiers pas et déjà quelques repères. On ne peut parler de scène contemporaine à Douala sans parler de ses centres d’art qui lui donnent une identité. Car à Douala, ville au passé trouble et au présent incertain, l’art est dans la rue où les artistes interviennent de façon concrète, comme en témoigne cette monumentale statue au rond-point Deïdo, La nouvelle liberté de Joseph-Francis Sumégné, commanditée en 1996 par le centre Doual’art et devenue depuis le symbole de la ville2.

Parler de photographie à Douala et plus généralement au Cameroun, c’est d’abord évoquer sa riche histoire, ouverte à toutes les influences, d’où émergent quelques grands noms comme celui de George Goethe (1897-1977), originaire de Sierra Leone, qui ouvre le premier studio de la ville, Photo George, en 1931. En 2015, un autre nom est sur toutes les lèvres quand je demande à rencontrer un photographe : c’est celui de Nicolas Eyidi, qui est un peu le « papa » de cette scène doualaise, à l’instar de Photo George avec qui il a collaboré à ses débuts. Photographe documentariste, Nicolas Eyidi travaille à son compte depuis 2000, formant un duo de choc avec son épouse Rose qui gère une banque d’images exceptionnelle sur le Cameroun.

Quelles expositions photographiques sont à l’affiche à Douala en ce début 2015 ? La Galerie MAM, bel espace baigné de lumière, propose African Spirits, la dernière série d’autoportraits à succès de Samuel Fosso, artiste camerounais de renommée internationale. Dans une annexe de l’Institut français, une exposition d’un autre genre nous fait découvrir des clichés historiques sur la chefferie de Bandjoun, dans l’ouest du Cameroun…

1 L’auteure tient à remercier ici tous les acteurs culturels et les artistes pour leur générosité et leur disponibilité ainsi que toutes les personnes qui ont facilité son séjour au Cameroun, en particulier Maud de la Chapelle, Marc et Marceline Mbourou Atangana, Chantal Ndami, Ange Tchetmi, Barthélémy Toguo, Jürg Schneider, Rosario Mazuela, Ruth Belinga et Sarah Dauphiné Tchouatcha.
2 Lire à ce propos l’article de Dominique Malaquais, « Une nouvelle liberté ? Art et politique urbaine à Douala (Cameroun) », Afrique & histoire, 2006/1, vol. 5, p. 111 à 134.

 
[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine.]

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