Ensemble, Images unies – Guy Sioui Durand

[Hiver 2017]
Collectif Outre-vie, Seul, formats variés / various formats. Ensemble des photos / All photos: VU / Hubert Gaudreau

Collectif Outre-vie, Seul, formats variés / various formats. Ensemble des photos / All photos: VU / Hubert Gaudreau

par Guy Sioui Durand

[Extrait]
Deux formes d’oralité auront ouvert puis clôturé l’exposition Ensemble, présentée chez VU, à Québec, du 9 septembre au 9 octobre 2016. Lors du vernissage, un cercle de parole autochtone, mené par Nadia Myre, a été organisé dans la grande salle de l’espace américain. L’exposition s’est conclue par une table ronde au centre de la même salle, animée par Anne-Marie Proulx, l’initiatrice de l’événement.

Dans la mesure où les oeuvres entouraient les prises de parole, cette forme rassembleuse qu’est le cercle a peut-être aussi structuré le parcours, la circulation des regards, vers ces multiples formes de communauté. C’est ainsi à une conscience organique des savoirs, des savoir-faire et des savoir-vivre que les oeuvres présentées ont permis de prendre forme « ensemble » ! Chacun à leur manière, ces éléments d’arts visuels et textuels se sont fait témoins d’une pensée en action. C’est en ce sens que les regards photographiques « élargis » de l’exposition Ensemble m’ont paru convier avec parti pris ces attractions, ces dualités, ces sensualités et ces aventures humaines comme entièrement marquées du sceau de l’union, du partage ou du travail en équipe.

Circuler en parole. Le moment fort de l’exposition Ensemble aura été son inauguration. Présente chez VU, l’artiste d’origine anishinaabe Nadia Myre aurait pu s’en tenir à ses trois tondos photographiques, qui présentaient des perlages aux attractions centrifuges dans lesquels se mélangeaient des couleurs identitaires : rouge (Premières Nations), rose (Métis et personnes de « sang mêlé ») et blanc (Canadiens, Québécois et autres). Mais elle y a ajouté A Casual Reconstruction, une performance de discussion entre six personnages, debout, formant un cercle dans lequel ils se déplaçaient au fil des échanges et où circulaient les prises de parole. Ce dense dialogue exprimait divers états d’être, de percevoir, d’assumer les multiples hybridités de l’identité autochtone au moyen de la langue d’usage selon les contextes. Ni harangues sauvages, ni lecture théâtrale, ni allocutions, mais bien déplacements entre des territoires imaginaires faits de pensées, de doutes, d’énoncés par l’intermédiaire de la circularité et de l’oralité dont le corps performatif est le premier matériau. Ces mouvances sont alors artistiques, géographiques et interculturelles.

L’amitié diffuse. Telles des lucioles visuelles issues d’une amitié si longue qu’il fallait convier plusieurs genres artistiques (poème d’amour de Saint-Denys Garneau, agencements multiples de photographies inscrites dans la lumière d’un quotidien campagnard, silhouettes découpées, aquarelles et dessins bellement froissés), les oeuvres de Nathalie Caron et Charles Guilbert gambadaient quasiment sur tout le grand mur de la grande salle…

 
[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine.]
 
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