Nathan Lyons, Une exploration de la photographie comme langage visuel — Bruno Chalifour

[Été 2019]

Nathan Lyons, Untitled (Tucson), 2013, impression jet d’encre / inkjet print.

Nathan Lyons, Untitled (Tucson), 2013, impression jet d’encre / inkjet print.

Par Bruno Chalifour

[Extrait]
Plus de deux ans après le décès de Nathan Lyons, survenu le 30 août 2016, In Pursuit of Magic au George Eastman Museum (GEM) propose un aperçu de l’œuvre photographique d’une des figures les plus marquantes de la photographie américaine du XXe siècle1. Par sa conception entamée en collaboration avec le photographe en 2013, l’exposition didactique et déroutante oscille entre rétrospective et présentation de travaux récents en couleur.

Nathan Lyons, une vie en photographie. Nathan Lyons naît en 1930 à New York. Après deux ans passés dans l’armée américaine en Corée comme photographe, il fait des études de littérature à l’Alfred University (État de New York) où il suit les cours d’art, et notamment de photographie, de John Wood, lui-même formé à l’Institute of Design de Chicago (New Bauhaus), d’où l’impact indirect de Moholy Nagy, Harry Callahan et surtout Aaron Siskind sur Lyons. Wood convainc Lyons d’aller à Chicago. Ce dernier fait étape à Rochester pour rencontrer Minor White qui lui confie qu’il vient de quitter la George Eastman House et que Beaumont Newhall, le directeur, cherche à le remplacer notamment comme rédacteur en chef de la revue du musée, Image. C’est ainsi que Nathan Lyons entre en 1957 au musée George Eastman qu’il ne quittera qu’en 1969, « démissionné » de ses fonctions de directeur adjoint par un conseil d’administration trop conservateur pour ses idées. En douze années, il y crée plusieurs expositions marquantes dont Photography ’63, ’64, et ’65, The Persistence of Vision (1967), Vision and Expression (1969), autant de panoramas de la jeune création photographique, également Lee Friedlander en 1963, David Heath en 1964, Aaron Siskind en 1965, Contemporary Photographers Toward a Social Landscape (Davidson, Friedlander, Lyon, Michals, Winogrand) en 1966, et Photography in the Twentieth Century pour la Galerie nationale du Canada en 1967. Son activité d’éducateur et de prosélyte de la photographie est aussi remarquable : en 1962 il est l’organisateur d’un symposium sur l’état de l’éducation photographique qui aboutit à la création de la Society for Photographic Education l’année suivante…

[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine. En vente partout au Canada jusqu’au 13 septembre 2019 et sur notre boutique en ligne.]

1 Nathan Lyons: In Pursuit of Magic, George Eastman Museum (Rochester, État de New York), du 25 janvier au 9 juin 2019.

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