Lynne Cohen, Faux indices: des espaces au sein des lieux – Philippe Guillaume

Lynne Cohen, Untitled (White Screen), 2005, gelatin silver print / épreuve à la gélatine argentique, 120 x 146 cm, courtesy of / permission de l’artiste

Lynne Cohen, Untitled (White Screen), 2005, gelatin silver print / épreuve à la gélatine argentique, 120 x 146 cm, courtesy of / permission de l’artiste

La récente exposition de Lynne Cohen au Musée d’art contemporain de Montréal1 Faux indices nous a offert bien plus qu’un ensemble magistral et captivant de photographies grand format consacré aux espaces intérieurs. En effet, les titres des vingt-cinq épreuves chromogènes et des quinze tirages gélatino-argentiques présentés ici (comme la plupart de ses photographies) déjouent toute connotation documentaire. Cette exposition réaffirme que le travail de Cohen se situe au-delà du documentaire : il nous parle de la photographie, de l’art, et de son regard infaillible et inimitable sur les détails des lieux qu’elle photographie. Mais c’est aussi une réflexion sur l’espace.

Organisée autour de son travail actuel, l’exposition présente une sélection d’images récentes de Cohen ponctuée par des oeuvres plus anciennes, dans le cadre d’une installation qui évite l’ordre chronologique pour privilégier les connexions formelles et conceptuelles. Cohen photographie des espaces intérieurs publics, semi-publics et privés – toujours dépourvus de présence humaine visible – où elle identifie des éléments concrets porteurs de codes spécifiques renvoyant à l’histoire de l’art ; leur lecture est facilitée par l’ampleur des tirages qui nous révèlent ces divers espaces.

[Suite de l’article dans la version imprimée et numérique du magazine.]

Philippe Guillaume est artiste et photographe. En 2012, il a terminé une maîtrise interdisciplinaire en photographie et histoire de l’art à l’Université Concordia, dans le programme de recherche Special Individualized Program (SIP). Sa recherche associe la marche, la photographie et les espaces publics dénués de présence humaine. Il est membre du groupe de recherche sur l’histoire de la photographie canadienne (Canadian Photography History Research Group) lié au département d’histoire de l’art de l’Université Concordia.

Acheter cet article