Le Mois de la Photo à Montréal 2013 – Zoë Tousignant, Drone: L’image automatisée

David K. Ross, Le Phare, 2012, 16 mm film transfer to 2K, 13 min 20 s colour, sound Dolby 5.1, loop / film 16 mm transféré en 2K, 13 min 20 s, couleur, son Dolby 5.1., en boucle, courtesy of the artist / permission de l'artiste

David K. Ross, Le Phare, 2012, 16 mm film transfer to 2K, 13 min 20 s colour, sound Dolby 5.1, loop / film 16 mm transféré en 2K, 13 min 20 s, couleur, son Dolby 5.1., en boucle, courtesy of the artist / permission de l’artiste

Offrir un cadre conceptuel assez vaste pour réunir un grand nombre d’œuvres très diversifiées, tout en orientant leur lecture par un point de vue original, est toujours un défi à relever pour les biennales thématiques. Rarement le Mois de la Photo à Montréal a-t-il offert une démarche commissariale aussi cohérente et forte que cette fois-ci, intitulée Drone : l’image automatisée. Organisée par le Britannique Paul Wombell, historien et théoricien de la photographie, précédemment directeur d’Impressions Gallery à York (1986-1994) et de la Photographer’s Gallery à Londres (1994-2005), Drone présentait le travail de vingt-six artistes et collectifs d’artistes réparti dans quatorze lieux, auxquels s’ajoutaient deux projections de film. Plusieurs causeries d’artistes et tables rondes étaient au programme, remplaçant l’habituelle journée de conférences éruditess, et reflétant l’accent mis sur l’expression des artistes exposés.

Le rapport entre la technologie et l’agentivité était au centre de la thématique de cette années. Lors d’une entrevue qu’il m’a accordée en septembre, Wombell expliquait son désir de reconsidérer l’histoire de la photographie dans une perspective beaucoup plus globale et sa durée étendue de 175 ans –, en envisageant l’appareil photo comme témoignant d’une révolution capitale dans un millénaire d’évolution technologique. Il fonde par ailleurs son approche sur les principes de l’ontologie orientée vers l’objet, du réalisme spéculatif et du nouveau matérialisme, qui, ensemble, mettent en question la perspective anthropocentrique de la philosophie occidentale traditionnelle. Transposées à la technologie, et plus spécifiquement à la photographie, ce point de vue cherche à interroger le degré d’agentivité de –l’appareil, au-delà de l’intervention humaine. Selon Wombell « l’appareil photo a une vie bien particulière. Il a son propre espace, sa propre façon de travailler. Il est fait par l’homme, mais c’est aussi lui qui nous fait. » Traduit par Emmanuelle Bouet.

[Suite de l’article dans la version imprimée et numérique du magazine.]

Zoë Tousignant, historienne de la photographie et commissaire indépendante, travaille à Montréal. Elle a récemment achevé une thèse en histoire de l’art à l’Université Concordia. Ses recherches concernent principalement la dissémination de la culture photographique, historiquement et aujourd’hui.

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