PHotoEspaña 2014 : Lumière sur la photographie espagnole – Jill Glessing

Paco Gómez Martínez, Cristo, 1959, courtesy of / permission de la Fundació Foto Colectania

Paco Gómez Martínez, Cristo, 1959, courtesy of / permission de la Fundació Foto Colectania

« Ma vaste et triste Espagne, ma mère et professeur » : c’est ainsi que le poète Blas de Otero décrivait l’ample territoire et les souffrances de son pays, d’abord sous le double joug de la monarchie et de la religion, puis sous le fascisme. Ces régimes ont pris fin, mais l’Espagne connaît un nouveau traumatisme économique. Son festival de photographie installé à Madrid, PHotoEspaña, n’y échappe pas. Depuis sa création en 1998 sous la direction de l’organisme culturel privé La Fabrica, la croissance régulière du festival est soutenue à la fois par des financements publics et privés. Or les coupures majeures dans l’aide gouvernementale ont inspiré des stratégies créatives à sa directrice actuelle, Claude Bussac. Loin d’avoir un effet paralysant, le recours croissant au financement privé ainsi qu’une collaboration accrue avec les institutions et les régions d’Espagne, et même de l’extérieur, semblent avoir donné plus de rayonnement au festival. Parallèlement, celui-ci a diminué ses coûts en délaissant graduellement son approche thématique traditionnelle (avec un éventail international d’artistes et de commissaires) au profit de la photographie espagnole. L’élan critique et créatif dont témoigne le festival cette année, avec ses quatre cent quarante artistes et cent dix expositions réparties dans trois pays, révèle une Espagne bien vivante et déterminée à lutter. Traduit par Emmanuelle Bouet.

[Suite de l’article dans la version imprimée et numérique du magazine.]

Jill Glessing est enseignante à la Ryerson University. Elle écrit sur les arts visuels et la culture.

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