Lucy Raven, Retour en eaux libres – Jill Glessing
Ciel variable 133 - INTIMITÉS | Essais
Auteurs : Jill Glessing | Artistes : Lucy Raven
L’eau peut être régénératrice, en particulier quand elle circule librement dans les océans ou s’écoule, impétueuse, dans le lit des rivières. C’est l’effet que j’ai ressenti, assise devant un lac Ontario quelque peu agité, avant d’entrer, à quelques pas de là, dans la galerie accueillant l’exposition de Lucy Raven, Murderers Bar. Son installation vidéo raconte l’histoire, grâce à diverses technologies d’animation de l’image, de la libération d’un cours d’eau auparavant perturbé, le fleuve Klamath dans l’ouest des États-Unis, par son enfermement derrière une énorme structure de béton qui entravait son débit. Œuvre sur la démolition du barrage et le renouveau du fleuve, Murderers Bar était présentée, pertinemment, à la Power Plant : ancienne « centrale électrique » au charbon, le bâtiment d’origine a été construit à la même époque que les barrages du Klamath et pour la même raison, soit la fourniture d’énergie pour des villes coloniales en expansion.