[Été 2026]
Martin Désilets, Matière noire
par Jean Pelchat
Berlin, DISTANZ Verlag, 2025, 178 pages
[EXTRAIT]
Matière noire, livre beau et sobre, doté d’une couverture rigide couleur graphite, gaufrée (avec le titre et le nom de l’artiste en creux), comprend trois textes écrits en français, accompagnés de leur traduction en anglais et en allemand : « La porte noire est toujours là, juste au bord. Réflexions sur l’œuvre de Martin Désilets », par Catherine Nichols ; « L’art de la caverne », par Michel Poivert ; « Vivre la matière dans tous ses états », par Pauline Martin. À travers eux s’entremêlent peut-être (je ne les ai pas comptées) près de deux cents reproductions – en couleur malgré tout – et des notes biographiques.
Après une première page inquiétante, totalement hors sujet, Catherine Nichols décrit très bien le processus élaboré par Désilets, son « protocole » (qui, en résumé, consiste en l’accumulation/superposition sur une même surface d’une grande quantité de photographies d’œuvres d’une série ou collection muséale). Elle rapporte les propos de l’artiste qui affirme effectuer une « tentative d’épuisement de l’acte photographique [qui] serait la somme de toutes les œuvres, ou la dernière œuvre ». Puis elle situe Matière noire historiquement, amorce une réflexion sur les possibles influences, ses principales références étant la période suprématiste de Kasimir Malevitch (en particulier le Carré noir), les Black Paintings d’Ad Reinhardt, la chapelle de Rothko au Texas, la page noire du Tristram Shandy de Laurence Sterne et les gravures de Goya, Los desastres de la guerra ; elle cite également Susan Sontag, qui a commenté ces dernières dans son essai Devant la douleur des autres.
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Jean Pelchat est artiste – photographie –, professeur au département d’arts visuels du cégep du Vieux-Montréal. Il a été membre du comité de rédaction de la revue Esse et a publié quatre livres, dont La survie de Vincent Van Gogh (1999, XYZ, Québec, éditions de l’Aube, France) – The Afterlife of Vincent Van Gogh (2001, Exile Editions, Toronto), dans une traduction de Lazer Lederhendler.







