En réaction à un « intégrisme de gauche » et à des campagnes pour « un art moral [et] lisse, sans zones d’ombre », Nicolas Mavrikakis propose une lecture enflammée de la pratique de Moyra Davey et en particulier de sa vidéo i confess (2019). Cette œuvre, qui aborde des thèmes polarisants, amène, selon le critique, « à réfléchir au-delà de l’opposition entre bons et méchants ». Inclassable et complexe, basée sur des jeux d’images dans l’image, elle est « une sorte de poupée russe » qui multiplie les références, cite autant James Baldwin que Pierre Vallières, parmi d’autres. À l’instar de i confess, et du film Pierre Vallières (1972) de Joyce Wieland commenté par Mavrikakis, ce texte se lève contre les dogmes et suggère de ne pas s’enliser dans des lectures figées et simples de l’histoire culturelle, y compris quand il s’agit de reparler de l’auteur de Nègres blancs d’Amérique.