Alejandro G. Iñárritu, Carne y Arena — Jean Gagnon

[Automne 2021]

Arsenal art contemporain
17.03.2021 — 15.08.2021

Par Jean Gagnon

[Extrait]
Depuis longtemps, il est possible d’expérimenter des œuvres de réalité virtuelle à Montréal1 et, au printemps 2021, était « à voir absolument2 » Carne y Arena (Virtuellement présent, physiquement invisible) (2017) du cinéaste osca­risé Alejandro G. Iñárritu3. Nous devons sa présentation montréalaise aux efforts de Myriam Achard du Centre PHI, qui l’avait expérimentée lors du Festival de Cannes en 2017. Un Oscar spécial attribué la même année soulignait aussi cette « expérience de narration exceptionnelle ». Mais Iñárritu fait preuve de plus d’ingénuité, car son installation ne se résume pas qu’à la narration et l’expérience n’est pas que virtuelle.

Pendant que le visiteur attend son tour d’entrer dans la première salle4, il a le loisir d’observer un mur de tôle ondulée et rouillée. Un cartel lui explique qu’il s’agit là d’une partie de la clôture frontalière entre le Mexique et les États­Unis. Ce panneau était à l’origine utilisé au Vietnam par l’armée américaine afin de délimiter les zones d’atterrissage des hélicoptères. Recyclé du complexe militaro-­impérialiste, cet artéfact représente autant la domination que le protectionnisme d’une Amérique arrogante, mais effrayée…

 

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