Martin Parr, « Il a l’oeil » – Julie Martin

[Automne 2026]

« Il a l’oeil »
par AUTEUR

[EXTRAIT]

« Il a l’œil ». Voilà une formule entendue à plusieurs reprises lors de ma visite de Global Warning, l’exposition monographique dédiée à l’incontournable Martin Parr au Jeu de Paume à Paris. Qu’il me soit permis d’être tendrement moqueuse en commençant de la sorte, puisque justement tout ici y invitait, en premier lieu le mot d’introduction du commissaire Quentin Bajac qui mentionne l’« ironie mordante » du photographe. Derrière cette évidence attendue – voire usée, lorsqu’il s’agit d’un artiste que l’on rattache volontiers à la photographie de rue et à une pratique qui consiste notamment à saisir le fameux « instant décisif » défini par Henri Cartier-Bresson – se tient l’idée d’une exploration de la vision plus singulière qu’elle n’y paraît.

Qui voit ? Qui est vu ? Comment se nouent les regards sur les uns et les autres ? Entre les uns et les autres ? Ces questions traversaient le travail de Martin Parr et particulièrement Global Warning. Réparties en cinq espaces thématiques intitulés « Terre de loisirs et de déchets », « Tout doit disparaître », « Petite planète », « Le règne animal », « Addiction technologique », les photographies attiraient notre attention sur nos habitudes et nos attitudes. Qu’il s’agisse de notre manière d’occuper les plages, de notre consommation de marchandises et d’espaces touristiques, de notre relation aux animaux ou aux technologies, nos gestes deviennent, avec Martin Parr, des points de rencontre entre de multiples regards.

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[ Numéro complet, en version papier et numérique, disponible ici : Ciel variable 133 – INTIMITÉS ]
[ L’article complet en version numérique est disponible ici : « Il a l’oeil » ]


Julie Martin est maîtresse de conférence à l’Université Toulouse Jean Jaurès (France). Ses recherches portent sur les démarches artistiques documentaires à l’ère des images fluides et sur les liens entre arts et politique. Elle a coécrit avec Sara Alonso Gómez Contre-visualités, écarts tactiques dans l’art contemporain (2023). Elle a cocréé les éditions Lorelei et codirige la collection « Friction ». Elle est également critique d’art et commissaire d’exposition.