Bettina Hoffmann – Guillaume Lafleur

[Automne 2016]
Bettina Hoffmann, Hold On, 2015, HD, 5 min 24 s, en boucle (danseurs : Ilya Krouglikov, Katie Philp, Keven Lee, Mélanie Lebrun), et Suicidewarp, 2016, HD, 6 min, en boucle. Photo : Bettina Hoffmann

Bettina Hoffmann, Hold On, 2015, HD, 5 min 24 s, en boucle (danseurs : Ilya Krouglikov, Katie Philp, Keven Lee, Mélanie Lebrun), et Suicidewarp, 2016, HD, 6 min, en boucle. Photo : Bettina Hoffmann

Touch
Occurrence espace d’art et d’essai contemporains, Montréal
Du 5 mai au 18 juin 2016

par Guillaume Lafleur

[Extrait]
L’artiste Bettina Hoffmann continue d’approfondir une oeuvre amorcée au milieu des années 1990 et marquée par la chorégraphie, qui se déploie depuis sous des formes aussi bien vidéographiques et installatives que photographiques. Hoffmann propose dans les cinq vidéos qui ont été présentées à la galerie Occurrence un souci pour le cadre de l’image tel qu’il peut servir à l’espace de la chorégraphie, en trouvant à y inscrire une singulière portée dramatique. La place du groupe dans le plan aussi bien que celle de l’individu au sein du groupe en est le motif majeur. Dans ce contexte, la mise en espace qui prévaut dans la galerie pour en rendre compte mérite d’être détaillée au même titre que le contenu desdites chorégraphies filmées.

Sur un écran plat posé au mur à l’entrée de la salle d’exposition, la première oeuvre, Jeu de paume, enchaîne les plans alternés d’un seul lieu (en bordure d’un escalier dans un endroit d’apparence industrielle) sous un cadre fixe, en champ-contrechamp et souvent en contre-plongée. Trois femmes lancent des balles en direction d’une quatrième, allongée près du mur où les projectiles vont rebondir sans jamais la toucher. La vitesse des lancers augmente et la protagoniste se déplace en faisant une roulade entre les balles.

La deuxième vidéo, Hold On est d’une durée de cinq minutes (l’oeuvre la plus longue ne dépasse pas huit minutes) et témoigne à nouveau de la virtuosité et de la précision chorégraphique d’Hoffmann. Cette fois-ci nous y voyons un groupe de deux hommes et de deux femmes, en plan taille, dans un lieu quelconque, un studio au fond blanc. Voici le principe de cette chorégraphie : chaque protagoniste est successivement en état d’affaissement et n’est retenu debout que par le groupe, qui devient solidaire de ce dernier non seulement en relevant le défi de le maintenir, mais aussi en cherchant le point d’équilibre où il ne viendrait pas à s’affaisser aussi. Le tout s’exprime par une série de postures crées avec la tension et l’exigence de demeurer dans le cadre…

[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine.]
 
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