Paris Photo, Un jeu de mémoire — Claudia Polledri

[Été 2019]

Daido Moriyama, Lip Bar, 2018, vue d’installation / installation view permission de la Hamiltons Gallery, Londres / courtesy of Hamiltons Gallery, London.

Daido Moriyama, Lip Bar, 2018, vue d’installation / installation view permission de la Hamiltons Gallery, Londres / courtesy of Hamiltons Gallery, London.

Par Claudia Polledri

[Extrait]
Cadre. Du 8 au 11 novembre 2018 a eu lieu à Paris la 22e édition de la foire internationale de la photographie d’art Paris Photo. Pendant ces quatre jours, un tourbillon d’artistes, galeristes, collectionneurs, éditeurs, conservateurs, mais aussi journalistes et passionnés de photographie a arpenté ce labyrinthe d’images que devient le Grand Palais sous la régie de la directrice de Paris Photo Florence Bourgeois et la direction artistique de Christoph Wiesner. Ce qui se déroule à la lumière de la magnifique verrière du palais des expositions, le décor appuyant la grandeur de l’événement, est un carrousel d’images et de rencontres, une vitrine qui vise à mettre en contact l’univers des créatifs avec celui des marchands de l’art et où le public, il faut le dire, mériterait presque la même attention que les photos. Microcosme éphémère, et pourtant solide, Paris Photo confirme sa teneur remarquable en termes quantitatifs et qualitatifs, ce qui ne change toutefois pas le caractère circonscrit de l’événement, dû à l’exclusivité des critères d’accès pour les exposants. Quelques chiffres : cent quatre-vingt-dix-neuf exposants de trente-huit pays organisés en cinq secteurs (Principal, Prismes, Éditeurs, Curiosa, Films) dédiés aux maisons d’édition, véritable mine pour les amateurs des « livres photo1 », aux films d’artistes choisis parmi les projets soumis par les exposants et surtout aux galeries (cent soixante-huit au total entre le secteur principal et le secteur Prismes), véritable chair de la foire. Bien que plus nombreuses par rapport à l’année dernière, les galeries d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Amérique du Sud restent largement minoritaires, la plupart des exposants provenant d’Europe et d’Amérique du Nord2. Tout juste inauguré, le secteur Curiosa a été confié à la commissaire et critique d’art Martha Kirszenbaum3. Elle a choisi d’y présenter une sélection d’images érotiques « qui redéfinissent notre regard sur le corps fantasmé et fétichisé, taclant les rapports de domination et de pouvoir et les questions de genre ». On pourrait croire que Paris Photo devait dépasser l’âge de la majorité pour se lancer dans une telle initiative. Quoi qu’il en soit, une fois dépassé le seuil du Grand Palais la question à se poser est : par où commencer ? …

[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine. En vente partout au Canada jusqu’au 13 septembre 2019 et sur notre boutique en ligne.]

1 Le secteur Éditeur comptait trente et un exposants issus de neuf pays.
2 Plus précisément, le secteur principal accueillait huit galeries en provenance d’Asie, quatre du Moyen-Orient, quatre d’Afrique et trois d’Amérique du Sud. L’édition 2018 de Paris Photo comptait quarante-deux nouvelles galeries, dont vingt-deux nouveaux participants.
3 Martha Kirszenbaum sera aussi commissaire du pavillon français à la Biennale de Venise 2019.

Acheter ce numéro