Velibor Božović, In seeing, there is no right no wrong — Sylvain Campeau

[Été 2019]

Velibor Božović, 04023BST200307BVCZ, 2003/2018, épreuve argentique sur papier baryté, 23 × 31 cm

Velibor Božović, 04023BST200307BVCZ, 2003/2018, épreuve argentique sur papier baryté, 23 × 31 cm

Galerie Patrick Mikhail, Montréal
Du 5 janvier au 16 février 2019

Par Sylvain Campeau

[Extrait]
Velibor Božović nous livre ici une exposition dont la moitié des images sont de grandes plages sombres, noyées de sels d’argent noircis. Elles forment ainsi comme un fond sur lequel les autres images, plus petites, viennent se détacher. Ce fond, cette base à partir de laquelle il faut lire l’ensemble présenté, s’offre comme une sorte de bloc ou de réserve où seraient compilées des archives.

Il est ce néant dont toute image serait menacée en même temps que ce réservoir où toute serait aussi conservée. Du coup, les autres photos, plus petites, nous apparaissent comme des survivantes, des rescapées, porteuses de moments privilégiés du seuil de l’oubli dont elles semblent miraculeusement émerger. Mais cela nous révèle aussi combien est fragile et nécessaire ce dépôt que toute photographie paraît être : dépôt d’un moment dont on se souvient difficilement, sur le point, peut-être, d’être effacé.

Il est révélateur que les images ici soient, de façon assez évidente, issues du régime analogique et non numérique. Certaines expositions récentes, avec leurs compléments pédagogiques nous expliquant comment fonctionnait la photographie argentique, nous donnent l’impression que celle-ci est une technique datant d’un siècle alors qu’on la pratiquait encore avant les années 2000 et qu’on l’exploite toujours aujourd’hui, comme le montre cette exposition de Velibor Božović…

[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine. En vente partout au Canada jusqu’au 13 septembre 2019 et sur notre boutique en ligne.]

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