Barbara Breitenfellner, Rêve (…) — Michèle Cohen Hadria

[Automne 2019]

Centre Photographique d’Île-de-France
Du 2 mai au 13 juillet 2019

Par Michèle Cohen Hadria

[Extrait]
« La photographie ne serait-elle que du papier ? » Tel est le questionnement inopiné qui traversa mon esprit, face aux œuvres singulières que Barbara Breitenfellner expose au Centre Photographique d’Île-de-France1. D’entrée de jeu, en effet, ses plans sérigraphiés, couvrant une cimaise entière, affichent les vibrantes découpes d’une femme au chignon et au dos nu marqué d’un diagramme, dont un dysfonctionnement de pixels aléatoires vient ruiner toute lecture. Extrait d’archives médicales, ce document entend démontrer, à travers la silhouette de l’inconnue, un cas de scoliose. Or, le mural photographique qu’en tire l’artiste en évacue précisément toute anecdote.

Aux antipodes formels des collages que Breitenfellner réalisa entre 2006 et 2019, présentés dans l’autre salle, ces agrandissements numérisés semblent parasités de « glitch », fruits de quelque entropie algorithmique. Dénominateur commun entre ces deux corpus : ils sont parsemés d’éléments exogènes complexifiant leurs trames et sédiments. Une nuée de météorites vertes transitent sur le mural photo-numérique, tandis que sur les collages aux formats plus modestes puisqu’issus d’iconographies livresques et journalistiques, ce parasitage s’opère par mitrailles de grêlons noirs

[Suite de l’article et autres images dans les versions imprimée et numérique du magazine. En vente partout au Canada jusqu’au 17 janvier 2020 et sur notre boutique en ligne.]

Acheter ce numéro

1 Le titre complet de l’exposition de Barbara Breitenfellner est Rêve : Les éléments n’ont pas encore trouvé leur matérialité (collage ? photographie ? peinture ?). Tout est triplé. Pas très clair comment les œuvres vont passer du virtuel au réel, surtout pour le glitch et la propriété artistique. — Puis un film. Un paysage enneigé. Nous marchons dans la (tempête) neige. Une fille s’allonge et sa tresse lui rentre dans le dos (transformé numériquement). Puis son dos se désagrège. Un fluide (sang) coule d’une table et quelqu’un d’autre le boit. Il se transforme à travers son corps en une drogue (liquide).