Henri Venne, Somewhere in Between – Sylvain Campeau, La peinture grâce à la photographie

Henri Venne, Pastiche, 2012, photographie Polaroid numérisée montée sous plexiglass / Polaroid under Plexiglas, 101 x 101 cm

Henri Venne, Pastiche, 2012, photographie Polaroid numérisée montée sous plexiglass / Polaroid under Plexiglas, 101 x 101 cm

Henri Venne est peintre. C’est la matière peinte qui l’intéresse. C’est dans ce médium qu’il a reçu sa formation et c’est d’ailleurs ainsi qu’il se définit.

Henri Venne est aussi photographe. Car l’œuvre qui résulte de son travail est une photographie. Il est certain qu’il s’intéresse également à la manière dont les images s’imprègnent d’effets visuels, sièges de réflexions diverses. C’est donc par ce médium que sont saisis au final les espaces-temps choisis ou préparés pour faire l’objet de cette « prise ».

Entre ces deux entrées en matière, il y a lieu d’hésiter quand on se prend à la contemplation un rien critique des œuvres de l’artiste. L’écouter parler ne nous aidera guère davantage tant il passe d’une apologie de la peinture, pour laquelle il exprime une dévotion sincère, au fait que c’est le geste de photographier qui lui a permis de trouver sa voie.

À voir sur pièce, on ne peut que se perdre en conjectures. Face aux formes, aux couleurs et aux matières choisies, il est indéniable que nous ressentons toute l’emprise qu’exerce la peinture sur la pratique de l’artiste. Les œuvres sont de couleurs vives qui disent l’épaisseur sirupeuse de la peinture. Des coulures apparaissent et cela est volontaire. Il arrive en effet qu’Henri Venne laisse passer un peu de temps entre deux applications de peinture, le temps de permettre à la première couche d’épaissir et de recevoir l’autre comme surplus, montrant sa texture et sa pâte.

[Suite de l’article dans la version imprimée et numérique du magazine.]

Henri Venne est né à Joliette en 1966. Il vit et travaille aujourd’hui à Montréal. Depuis 1994, il expose ses œuvres, une combinaison de photographie et de peinture, dans les galeries et musées du Québec. Ses œuvres font partie de plusieurs collections muséales, de collections d’institutions privées et publiques, ainsi que de collections particulières. Il a obtenu une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia en 1999 et il enseigne les arts visuels au cégep Vanier depuis 2008. Henri Venne est représenté par la galerie Art Mûr.

Sylvain Campeau a collaboré à de nombreuses revues tant canadiennes qu’européennes (Ciel variable, ETC, Photovision, Inferno). Il est également l’auteur des essais Chambre obscure : photographie et installation, Chantiers de l’image et Imago Lexis. Sur Rober Racine, ainsi que de cinq recueils de poésie. Il a aussi à son actif, en qualité de commissaire, une trentaine d’expositions présentées au Canada et à l’étranger.

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