[Été 2026]
Du traumatisme à la mémoire apaisée
par Sophie Mangado
[EXTRAIT]
En mai 2012, Michel Huneault s’envole pour le Japon, territoire alors inconnu pour lui. Faute d’avoir pu se rendre sur place dans la foulée du « grand tremblement de Tohoku » (ainsi que le nomment les Japonais) du 11 mars 2011, le photographe montréalais reste habité d’interrogations. « Comment vivre dans un paysage si traumatisé ? Comment comprendre et représenter les impacts à long terme d’un tel événement, le silence et l’absence sous toutes ses formes ? Est-ce que Tohoku se reconstruira, tant physiquement que dans notre imaginaire ? » Plus d’un an après la catastrophe, une ONG basée à Ishinomaki, ville côtière à 400 kilomètres au nord de Tokyo dans la préfecture de Miyagi, sera sa porte d’entrée. Il rejoint l’organisation It’s Not Just Mud, composée de volontaires japonais et étrangers dédiés à la réhabilitation du territoire. Après deux semaines consacrées essentiellement au nettoyage et à la reconstruction, on lui propose de rester pour documenter la réalité post-désastre. Le photographe continue à partager le quotidien des volontaires dans leur maison près du rivage, rescapée du tsunami. Autour s’étendent des terres désolées, sur lesquelles s’élevaient autrefois des quartiers denses, dont seuls des vestiges et quelques habitations subsistent. À ce premier séjour aux fins de documentation, d’autres succèderont jusqu’en 2024.
POST TOHOKU 2012–2024 résulte ainsi de séjours répartis sur douze années. Le corpus réunit trois périodes, composées d’une soixantaine d’images, de trois vidéos et de témoignages visuels et sonores. On y découvre comment l’artiste, d’une part, et les communautés, d’autre part, ont, au fil du temps, ouvert la voie à une mémoire apaisée.
[…]
[ Numéro complet, en version papier et numérique, disponible ici : Ciel variable 132 – TABLEAUX ]
[ L’article complet en version numérique est disponible ici : TITRE ARTICLE]
Sophie Mangado est journaliste indépendante à Montréal. Elle collabore avec un éventail éclectique de médias, en presse écrite et pour des productions documentaires, et coordonne un collectif de photographes et de journalistes œuvrant avec des personnes marginalisées.







