Yves Arcand, Indicia – Michel Hardy-Vallée

[Été 2026]

Indicia
par Michel Hardy-Vallée

Galerie POPOP, Montréal
26.11.2025 — 6.12.2025

[EXTRAIT]

Miroir à mémoire ou crayon de la nature ? La dialectique des procédés aux origines de la photographie ne nous a jamais vraiment quittés, et c’est dans le domaine du paysage qu’on le constate le mieux. Aux panoramas hyper-détaillés, vues panoptiques d’un Ansel Adams qui en définissent le cliché même, les artistes qui ont renouvelé le discours sur le paysage au tournant des années 2000, comme Isabelle Hayeur ou Edward Burtynsky, ont abordé critiquement l’économie visuelle héritée de la peinture et son regard extractif sur le territoire. Cependant, la photographie étant simul­­tanément un travail d’optique et d’imprimerie, elle tiraille les artistes entre le visible et la trace. Embrassant l’humus d’un regard plus intime, Normand Rajotte pointe sa lentille vers les empreintes subtiles au sol. Dans les numérisations in situ de Sara Angelucci et les photogrammes de Michael Flomen tout comme ceux d’Yves Arcand, on tente de laisser la nature dessiner sa propre image.

Disposant des feuilles d’acétate transparentes à même le sol, en Matanie comme en Finlande, Arcand laisse les éléments s’accumuler à leur surface selon des durées qui vont de quelques minutes à quelques jours. Ces « récu­pérateurs » (dans les mots de l’artiste) sont ensuite apportés dans l’atelier pour être numérisés, puis imprimés en très grand format. Les images mobilisent un imaginaire scientifique. Sur fond blanc, presque dépourvu de profondeur de champ, sauf par la transparence et l’épaisseur des spécimens, elles suggèrent le point de vue d’un microscope.

[…]

[ Numéro complet, en version papier et numérique, disponible ici : Ciel variable 132 – TABLEAUX ]
[ L’article complet en version numérique est disponible ici : TITRE ARTICLE]

 


Michel Hardy-Vallée est historien de la photographie, commissaire indépendant et chercheur invité à l’Institut de recherches en art canadien Gail et Stephen A. Jaris­low­sky de l’Université Concordia. Ses recher­ches portent sur le livre de photographie, la narration visuelle, les pratiques interdis­ciplinaires ainsi que sur les archives, dans les contextes québécois et canadien. Il est l’auteur de Premières planches : photos de John Max (VU, 2025).