Thomas Kneubühler – Sylvain Campeau

[Printemps-été 2016]
Thomas Kneubühler, Miners, 2014, de la série Land Claim, impression couleur, 113 × 152 cm

Thomas Kneubühler, Miners, 2014, de la série Land Claim, impression couleur, 113 × 152 cm

Land Claim
Galerie B-312, Montréal
Du 19 novembre au 19 décembre 2015

Days in Night
Galerie Patrick Mikhail, Montréal
Du 11 novembre au 19 décembre 2015

par Sylvain Campeau

[Extrait]
Dans le travail de Thomas Kneubühler, il me semble toujours y avoir une certaine indécidabilité, mais programmée, comme si les images étaient commandées pour leur capacité de générer un doute quant au genre dont elles relèvent, étant ainsi maintenues sur la clôture qui sépare l’effort documentaire du travail purement artistique. C’est l’exposition Office 2000, présentée en 2004 au Centre Skol, qui m’a révélé cet artiste. Certes, j’avais vu avant cela ses autres expositions, mais c’est dans cette dernière que se retrouvait plus spécifiquement ce que je vois comme des manifestations de cette apparente tension générique. Dans cette série, prises de vues frontales et réalisme direct se combinent dans un dépouillement résultant à la fois de l’angle choisi et des composantes de l’image, caractéristiques qui sont à classer parmi celles qui confèrent à la photographie documentaire sa plus grande spécificité.

Apparaissait en outre, comme ce sera le cas avec Electric Mountains et Under Currents, un nombre limité d’images. Cela vient quelque peu contrecarrer le sentiment que nous avons d’être devant une série appartenant au genre documentaire puisque celui-ci voit souvent dans le fait d’aligner un grand nombre de photos une preuve d’exhaustivité. C’est par cet attribut que le documentaire cherche à rendre compte du sujet choisi, car cela représente le mandat que s’est donné le photographe d’offrir une perspective totale de son sujet…

[Suite de l’article dans les versions imprimée et numérique du magazine.]

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