À la fois documentaire et expérimentale, la pratique photographique d’Érika Nimis la mène sur les traces de lieux et d’objets à l’abandon. L’ensemble intitulé Mutants – reproductions de documents, gros plans sur des extraits de textes, images de lieux, de personnes et d’objets – découle de la découverte du site de l’Université des Mutants, aujourd’hui disparue. L’établissement de l’île de Gorée, au large du Sénégal, proposait de soutenir des recherches « alternatives endogènes » qui auraient pu, selon Christian Roy, donner un autre monde, développé au Sud. Cette « utopie à saveur d’uchronie » trouve écho dans les images mélancoliques de Nimis. « Liant afrofuturisme et rétrofuturisme, Mutants propose une plongée archéologique dans ce chantier laissé en plan », observe celui pour qui ce « projet de recherche photographique [est] aussi inspirant que poétique ».