Artiste revendiquant le droit à l’opacité, concept cher à Édouard Glissant, Sandra Brewster repense la condition noire (Blackness) pour la situer quelque part « entre visibilité et invisibilité ». C’est ce que conclut Érika Nimis dans sa critique d’une exposition « tout en finesse », orientée vers la déconstruction de la représentation des personnes racisées. Née à Toronto, Brewster utilise le transfert d’images, sur une variété de supports (papier, bois, vidéo), comme « une métaphore du mouvement, celui entre autres de la migration de sa famille », signale Nimis. Temps d’exposition longs, modèles mobiles, effets aléatoires, l’artiste cherche par bien des moyens à défier le lourd héritage des pratiques photographiques et à casser la notion de communauté noire monolithique. Enfin, toujours selon Nimis, la réponse la plus efficace à la stigmatisation des apparences se trouve peut-être dans le mouvement.