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Un magazine qui se consacre à la présentation et à l’analyse des pratiques de la photographie en lien à l’art contemporain, aux nouvelles technologies de l’image et aux enjeux actuels de la culture.

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Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO

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Le dossier de ce numéro présente trois expositions illustrant comment la photographie peut contribuer à façonner une vision critique du monde. La première entend offrir une vue globale des mutations qui affectent notre civilisation. La seconde met en opposition la photographie traditionnelle et sa forme mutante, numérique et interactive. La troisième témoigne du parcours d’un critique de la photographie dont la vision se nourrit de l’acte de collectionner.

Ciel variable 118 – EXPOSER LA PHOTO

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO

[Automne 2021]

Le dossier de ce numéro présente trois expositions illustrant comment la photographie peut contribuer à façonner une vision critique du monde. La première entend offrir une vue globale des mutations qui affectent notre civilisation. La seconde met en opposition la photographie traditionnelle et sa forme mutante, numérique et interactive. La troisième témoigne du parcours d’un critique de la photographie dont la vision se nourrit de l’acte de collectionner.

Exposer l’image pour dire les mutations du monde

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Éditoriaux
Auteurs : Jacques Doyon

Le dossier de ce numéro présente trois expositions illustrant comment la photographie peut contribuer à façonner une vision critique du monde. En rassemblant une grande quantité d’images et de points de vue, la première offre une vue globale des mutations qui affectent la civilisation mondiale. Inspirée de la notion d’« écran total » de Baudrillard, la seconde met en opposition la photographie traditionnelle et sa forme mutante, numérique et interactive, qui redouble le réel à l’échelle d’une interface-écran. La troisième témoigne du parcours d’un critique de la photographie dont la vision se nourrit de la fréquentation d’œuvres et de leurs créateurs, tout en étant attentive au développement d’ensemble d’une communauté photographique.

Présentation thématique : Exposer la photo

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Portfolios

The thematic section in this issue presents three exhibitions that show how photography can contribute to shaping a critical vision of the world. By bringing together a large number of images and points of view, the first sets out to offer an overall sense of the changes affecting global civilization. Inspired by Jean Baudrillard’s notion of the “total screen,” the second contrasts traditional photography and its mutant, digital, and interactive form, which augments the real at the scale of a screen interface. The third highlights the career of a photography critic whose vision is fed by his encounter with the works he has collected and their creators, while being attentive to the development of a photographic community.

William A. Ewing et Holly Roussell, Civilization – Quelle époque ! — Julie Martin, Une cartographie photographique du 21e siècle

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Portfolios
Auteurs : Julie Martin | Artistes : Massimo Vitali

Deux cents œuvres, cent dix photographes, huit sections… Cette ambitieuse exposition, a constaté Julie Martin, « offre un regard sur les mouvements qui agitent notre monde actuel : ses connexions, ses flux invisibles, ses influences, les mobilités des marchandises et des êtres humains… » La critique base sa réflexion sur le principe de « cartographie cognitive », élaboré par Fredric Jameson pour évoquer ce qui se soustrait à notre regard, à nos sens, à notre expérience. Si elle place Civilization dans la lignée de The Family of Man, exposition culte d’Edward Steichen, c’est pour signaler qu’il s’agit cette fois d’un véritable panorama de la diversité – et non d’un relais de l’hégémonie capitaliste. « Les commissaires ne renoncent pas à l’idée d’une communauté humaine, écrit Julie Martin, mais en respectent les disparités [et] rendent visibles les mécanismes de pouvoir qui modélisent notre monde (que l’exposition The Family of Man dissimulait). »

Amandine Alessandra, Marine Baudrillard, Carole Lévesque, Katharina Niemeyer et Magali Uhl, Écran total — Edward Pérez-­González, La machine d’absence

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Portfolios
Auteurs : Edward Pérez-González | Artistes : Charlie Doyon

Issue d’un projet de recherche autour de la réflexion de Jean Baudrillard sur la notion d’« écran total », cette exposition réunit sept artistes qui commentent l’omniprésence de l’écran et ses impacts sur nos vies. Selon Edward Pérez-González, « les œuvres qui forment le nœud de l’exposition s’appuient sur la vision du monde critique du Baudrillard philosophe […] : un monde où l’énonciateur devient l’écran lui-même ». Le Baudrillard photographe, présent par le biais de ses propres images, propose, lui, de capturer, comme l’écrit Pérez-González, « la valeur de l’expérience […] de ce « je » que je suis ». C’est cette subjectivité, liée à un travail attentionné de la lumière, qui tend à disparaître à l’époque des écrans. « Par l’accumulation des séquences, la décontextualisation et la schématisation s’impose un monde déréalisé, scruté sans états d’âme », résume le critique.

Robert Graham, Trois Photographes Montréalais + — Zoë Tousignant, L’histoire de la photographie à Montréal selon Robert Graham

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Portfolios
Auteurs : Zoë Tousignant | Artistes : Donigan Cumming, Michel Campeau, Tom Gibson

Reflet des activités de critique et de collectionneur de Robert Graham, cette exposition autour de photographes montréalais (et plus encore) ouvre de larges perspectives. Elle rend compte d’une démarche qui conjugue l’acquisition d’œuvres et la fréquentation de leurs auteurs (en occurrence Tom Gibson, Donigan Cumming et Michel Campeau) au développement d’une vision critique de la photographie. Zoë Tousignant défend le principe qu’une image s’apprécie autant par ce qu’elle montre que par ce qu’elle ne montre pas. Elle signale que Graham, dont les œuvres de sa collection sont « les corrélats visuels » de sa pensée, s’intéresse au parergon, concept de Jacques Derrida voulant que ce qui « réside à l’extérieur d’une œuvre est fondamental ». « Raconter l’histoire de la photographie à Montréal ne peut se faire en excluant ce qui lui est extérieur », écrit Zoë Tousignant pour qui la présence d’images de Muybridge, Tichý et Parr permet « l’imbrication totale de la scène locale dans la sphère internationale ».

Moyra Davey. Le récit personnel et l’art de la narration fragmentée contre les dogmes — Nicolas Mavrikakis

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Essais
Auteurs : Nicolas Mavrikakis | Artistes : Moyra Davey

En réaction à un « intégrisme de gauche » et à des campagnes pour « un art moral [et] lisse, sans zones d’ombre », Nicolas Mavrikakis propose une lecture enflammée de la pratique de Moyra Davey et en particulier de sa vidéo i confess (2019). Cette œuvre, qui aborde des thèmes polarisants, amène, selon le critique, « à réfléchir au-delà de l’opposition entre bons et méchants ». Inclassable et complexe, basée sur des jeux d’images dans l’image, elle est « une sorte de poupée russe » qui multiplie les références, cite autant James Baldwin que Pierre Vallières, parmi d’autres. À l’instar de i confess, et du film Pierre Vallières (1972) de Joyce Wieland commenté par Mavrikakis, ce texte se lève contre les dogmes et suggère de ne pas s’enliser dans des lectures figées et simples de l’histoire culturelle, y compris quand il s’agit de reparler de l’auteur de Nègres blancs d’Amérique.

David Tomas, La parole et le silence — Vincent Bonin

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Essais
Auteurs : Vincent Bonin | Artistes : David Tomas

Invité par Ciel variable à réévaluer la pratique de David Tomas, l’auteur offre une vue en coupe de la trajectoire intellectuelle de l’artiste et anthropologue décédé en 2019. L’essai signale l’importance que Tomas accordait au silence, y compris jusque dans son œuvre ultime portée par un ambigu « No Lot ». « Ce “non” résonne dans l’espace posthume comme une dernière forme de la résistance du silence après l’interruption de la parole », observe Vincent Bonin. Créateur notamment d’installations cinétiques marquées par leur « complexité sémiotique », l’artiste est connu pour ses innovations technologiques (utilisation de stroboscopes, chronomètres et déclencheurs automatiques dès les années 1980). Il a participé à la réévaluation critique de l’histoire de la photographie, au même titre que Jeff Wall ou Allan Sekula, tout en évitant les « énoncés d’intention » au profit d’une pensée fragmentaire ou performative, et même silencieuse « quand sa présence s’ajoute ».

Luc Bourdon. Jouer avec les images et les sons — Nicole Gingras

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Essais
Auteurs : Nicole Gingras | Artistes : Luc Bourdon

Figure majeure de la vidéo et du cinéma, Luc Bourdon a réalisé une cinquantaine d’œuvres, plusieurs prenant pour sujet la culture, telles La mémoire des anges (2008) et La part du diable (2017), bâties à partir des archives de l’ONF. Dans cet entretien accordé en marge du 50e anniversaire de Vidéographe auquel Bourdon a pris part, Nicole Gingras le fait témoigner sur ses débuts, son amour des mots, sa vision du montage. Celui qui a adopté dans les années 1980 la vidéo pour « la possibilité de dire “je vois” » reconnaît avoir été influencé par Gary Hill et Michael Snow. Il leur doit l’idée d’utiliser les images comme « support pour y déposer mots et phrases ». Après avoir créé dans « l’immédiateté » propre à la vidéo, Luc Bourdon s’est engagé dans des productions qui exigent « plus de souffle et de recherche », telle que La mémoire des anges, film « impressionniste » sur lequel il s’attarde longuement.

Meryl McMaster, Il fut un chant — Stéphanie Hornstein

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Stéphanie Hornstein | Artistes : Meryl McMaster

L’exposition que Meryl McMaster a conçue lors d’une résidence lui ayant permis de travailler avec la collection du Musée McCord portait sur la relation paradoxale de l’être humain avec la nature. Aux oiseaux sous cloches de verre conservés par le musée l’artiste a répondu par des œuvres qui, selon Stéphanie Hornstein, se débattent dans une souffrance propre au style des vanitas de tradition néerlandaise. Si l’expo embrasse « le caractère éphémère de l’ensemble des formes de vie », comme Horsntein le décrit, elle a peu du ton pessimiste. « La mort, selon McMaster, est un processus naturel, bien que déconcertant, et plutôt que de la nier (en mettant par exemple des oiseaux naturalisés dans des globes de verre), nous devrions apprendre des cycles de la vie. »

Alejandro G. Iñárritu, Carne y Arena — Jean Gagnon

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Jean Gagnon | Artistes : Alejandro G. Iñárritu

Partie prenante d’une offre de plus en plus récurrente en réalité virtuelle, l’installation Carne y Arena d’Alejandro G. Iñárritu a été présentée à Montréal accompagnée d’une solide réputation. Jean Gagnon s’inscrit en faux contre l’enthousiasme envers cette « expérience de narration exceptionnelle », bien qu’il lui trouve de grandes qualités. « Iñárritu, écrit-il, fait preuve de plus d’ingénuité, car son installation ne se résume pas qu’à la narration et l’expérience n’est pas que virtuelle. » L’œuvre portée sur l’épreuve que représente la migration clandestine « articule autre chose qu’une simili-réalité », dépasse le phénomène du ressenti. « Carne y Arena questionne l’efficacité de l’art, son rôle et sa puissance de changement, en oscillant entre l’émotion et l’intellect, le sensible et l’intelligible », lit-on en conclusion de sa critique.

Emanuel Licha, zo reken — André Lavoie

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : André Lavoie | Artistes : Emanuel Licha

Après avoir traité des représentations de la guerre, Emanuel Licha plonge dans un Haïti en constante lutte. Davantage proche du cinéma linéaire que ses précédents films, son documentaire zo reken se nourrit autant des images enregistrées que du hors-champ. « Une posture habituelle pour celui qui s’interroge à propos du caractère subjectif de notre regard », note André Lavoie. Le climat insurrectionnel de la capitale haïtienne se déploie à travers le double cadre de la caméra et des fenêtres d’un « zo reken ». Cet « os de requin » désigne les voitures utilisées par les puissances étrangères, des 4 x 4 adoptés même par les organismes humanitaires. « Au milieu de ce véhicule, Haïti se révèlera dans une proposition esthétique parfaitement circonscrite, regard balisé comme si le spectateur était lui aussi enfermé dans cet espace clos. »

Paul Walde, Requiem pour un glacier — Reilley Bishop-Stall

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Reilley Bishop-Stall | Artistes : Paul Walde

D’abord oratorio interprété in situ, puis installation vidéo, Requiem for a Glacier prend son origine dans un site naturel en Colombie-Britannique menacé par un projet (abandonné) de station de ski. Comme le réchauffement planétaire se poursuit, l’œuvre de Paul Walde, portée sur le deuil et le combat, demeure pertinente, même des années après sa création. En images, elle s’enrichit « d’effets temporels et visuels qui font écho à l’urgence dramatique de la pièce musicale », estime Reilley Bishop-Stall. L’ensemble est néanmoins discutable aux yeux de la nation Ktunaxa. « La projection d’une complainte (…) en latin sur le territoire sacré des Ktunaxa soulève des enjeux (…) inévitables. Cela dit, l’enracinement par Walde de la partition tant dans les anciennes traditions eurochrétiennes que dans la politique canadienne contemporaine est potentiellement utile pour évaluer les intérêts divergents. »

Capture Photography Festival 2021 — Karen Henry

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Karen Henry

Devant l’hétéroclite festival Capture, Karen Henry fait le choix de ne s’attarder ici qu’au volet dans l’espace public. Il faut préciser que l’édition 2021 n’a pas été épargnée par la controverse après le retrait soudain de la série de Steven Shearer consacrée au sommeil. « Les sujets endormis sont intrinsèquement vulnérables, ce qui a mis plusieurs personnes mal à l’aise », note la critique, pour qui le « fiasco » soulève maintes questions. Les organisateurs ont-ils tenu compte de la crise du fentanyl qui s’abat sur Vancouver ? Une compagnie publicitaire décide-t-elle ce qui peut être vu ? Karen Henry salue d’autres projets, dont ceux d’Anique Jordan et de Jordan Bennett qui évoquaient, en parlant des communautés noires ou autochtones, « l’expérience permanente de la perte, mais aussi la promesse de tant de choses qu’il reste à dire ».

Chuck Samuels, Devenir la photographie — Sylvain Campeau

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Sylvain Campeau | Artistes : Chuck Samuels

La mise en abîme de la photographie, du portrait photographique, occupe Chuck Samuels depuis 1991. Rassemblés sous le titre Devenir la photographie, et exposés en deux lieux, ces différents corpus relèvent de deux paradigmes, selon Sylvain Campeau : l’enjeu désormais dépassé de l’originalité d’une œuvre et l’actuel « cosmos aux ramifications sans fin ». Le critique reconnaît que l’évolution de cette pratique, entre l’appropriation de la réputation « d’illustres devanciers » et la contestation de « la hiérarchie des gens et des genres », s’inscrit dans la « dissolution de la barrière entre les médias », tous semblables, tous numériques. « Ce devenir de la photographie, signale-t-il cependant, se déploie au moment même où cela ne pouvait déboucher que sur une fin de non-recevoir. »

Yann Pocreau, Les Impermanents — Daniel Roy

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Daniel Roy | Artistes : Yann Pocreau

Poursuivant les réflexions de Yann Pocreau sur la matérialité de la lumière, Les Impermanents regroupait des œuvres inspirées par la voûte céleste. S’appuyant sur des photographies de tout type, y compris certaines réalisées sans appareil, l’artiste s’aventurait, constate Daniel Roy, dans une méditation sur le cosmos, le temps, « la fugacité de la vie et la finitude des êtres et des objets ». Ses expérimentations autour de l’impression de la lumière relevaient de l’hommage aux pionniers de la photographie. Et même plus. La présence d’épreuves non traitées avec fixateur, « vouées à une imminente extinction », éveillait des pensées envers « ces créateurs dont l’histoire n’a pas retenu le nom, que le temps a fini par effacer ». « La photographie, commente Daniel Roy, n’est pas aussi pérenne qu’on le voudrait. Elle peut s’altérer. La mémoire aussi. »

Érika Nimis, Mutants — Christian Roy

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Christian Roy | Artistes : Érika Nimis

À la fois documentaire et expérimentale, la pratique photographique d’Érika Nimis la mène sur les traces de lieux et d’objets à l’abandon. L’ensemble intitulé Mutants – reproductions de documents, gros plans sur des extraits de textes, images de lieux, de personnes et d’objets – découle de la découverte du site de l’Université des Mutants, aujourd’hui disparue. L’établissement de l’île de Gorée, au large du Sénégal, proposait de soutenir des recherches « alternatives endogènes » qui auraient pu, selon Christian Roy, donner un autre monde, développé au Sud. Cette « utopie à saveur d’uchronie » trouve écho dans les images mélancoliques de Nimis. « Liant afrofuturisme et rétrofuturisme, Mutants propose une plongée archéologique dans ce chantier laissé en plan », observe celui pour qui ce « projet de recherche photographique [est] aussi inspirant que poétique ».

Women Street Photographers — Ariane Noël de Tilly

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Recensions de publications
Auteurs : Ariane Noël de Tilly

À l’instar de la photographie reproduite en couverture, les intentions du livre sont manifestes : diriger notre attention vers une femme qui regarde. « C’est ce que Women Street Photographers nous invite à faire, soit prendre connaissance du travail des femmes photographes et des événements (…) qu’elles ont captés dans l’espace public. » Pour Ariane Noël de Tilly, ce projet découlant d’une série d’expositions annuelles et homonymes propose un survol en cent photographies dont l’enchaînement assez libre « permet de témoigner de la grande variété d’approches de la photographie de rue ». Ce choix pour une organisation hétéroclite met l’accent « sur les heureux hasards liés à notre expérience de l’espace public ». Deux essais complètent l’ouvrage, dont un qui évoque le croisement depuis le 19e siècle de deux histoires : celle de la photo et celle de la condition féminine.

La fête : les gens sont venus pour s’amuser — Dayna McLeod

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Recensions de publications
Auteurs : Dayna McLeod

« Régal pour le cœur, l’esprit et l’âme », écrit d’emblée Dayna McLeod, La Fête est l’ouvrage à consulter dans le contexte de privations et d’isolement engendré par la pandémie. La centaine d’images rassemblées après un appel lancé à des artistes québécois et brésiliens relève à la fois du documentaire, du portrait et de la prise de vue sur le vif. Librement associées, mais soigneusement organisées, elles offrent une « porte d’entrée sur les émotions », « un voyage parmi des gens et des lieux en liesse » ou encore « un air de légèreté et de rêverie qui en appelle à nos souvenirs, nos désirs et à notre peur de manquer quelque chose ». Si une application audio situe l’environnement sonore des images, les textes leur donnent du sens, en faisant ressortir l’élan politique de la thématique.

Alexis Desgagnés, Ammoniaque — Ève Dorais

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Recensions de publications
Auteurs : Ève Dorais | Artistes : Alexis Desgagnés

Regard sur un quartier industriel du quartier montréalais Hochelaga, Ammoniaque conjugue avec finesse l’approche documentaire – « l’importance du sujet et de la prise de vue », précise Ève Dorais –, et la matérialité de la photographie, par l’utilisation d’appareils analogiques et de pellicules photosensibles. De l’avis de l’autrice, « le regard désaxé » d’Alexis Desgagnés et son attention pour les détails donnent aux lieux une dimension quasiment spirituelle. L’artiste – et historien de l’art, commissaire et poète – dévoile, en s’attardant à des mots écrits sur un mur de tôle, une poésie urbaine. Proche du langage exploréen de Claude Gauvreau, celle-ci est teintée « de douleur, d’incongruité et d’euphorie ». C’est un livre essentiel, dit Ève Dorais, parce qu’il sensibilise à la réalité d’un interstice urbain plein d’humanité et qu’il « incite à revoir nos conceptions du paysage et de la belle photo ».

Marie-Josée Rousseau, Au carrefour des pratiques photographiques — Jérôme Delgado

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Entrevues
Auteurs : Jérôme Delgado

Fondatrice de la seule galerie québécoise exclusive à la photographie, Marie-Josée Rousseau se confie sur ses motivations et sur son rôle dans le marché de l’art. Celle qui est arrivée à la photographie avec la technologie numérique – elle lui a permis « une exploration sans pareille » – est devenue une véritable porte-parole de l’image-objet. « La photographie se doit d’être incarnée en un objet qu’il est possible de voir et de toucher », défend-elle. La Castiglione, sa galerie, elle la voit comme un carrefour où se croisent courants, disciplines, écoles de pensée. Elle l’a baptisée ainsi, en référence à cette figure historique de la photographie qui « pouvait grandir en dehors de moi » et à laquelle tous s’identifieraient. « Un concept moins évident lorsque c’est le nom du propriétaire qui est mis en avant. » Devenue nomade en 2020, La Castiglione et son modèle sont à repenser, selon Marie-Josée Rousseau, qui s’est donné un an pour réfléchir à la suite de ses activités.

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