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Jacynthe Carrier et Anne-Marie Proulx, La communauté, le soin et la photographie — Jacques Doyon

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Entrevues
Auteurs : Jacques Doyon | Artistes : Anne-Marie Proulx, Jacynthe Carrier

[Hiver 2023] Jacynthe Carrier et Anne-Marie Proulx, La communauté, le soin et la photographie Un entretien de Jacques Doyon [Extrait] À la codirection depuis 2015 de VU, centre de diffusion et de production de la photographie, Jacynthe Carrier et Anne-­Marie Proulx ont en commun un esprit de communauté qui se mani­feste dans leur manière d’assumer, […]

The Mystery of. In conversation with the Sanchez Brothers — Gary Michael Dault

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Recensions de publications
Auteurs : Gary Michael Dault | Artistes : Carlos & Jason Sanchez

[Hiver 2023] Par Gary Michael Dault Adam Leith Gollner Montréal, Anteism, 2022, 158 p. [Extrait] Le titre en apparence tronqué de cet ouvrage, The Mystery of – qu’il ait été choisi par ses sujets, les photographes et cinéastes (et frères) Jason Sanchez et Carlos Sanchez, ou par l’auteur du livre, Adam Leith Gollner –, est […]

Justine Kurland, Girl Pictures / Highway Kind — Étienne Ardaens

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Recensions de publications
Auteurs : Étienne Ardaens | Artistes : Justine Kurland

[Hiver 2023] Par Étienne Ardaens Justine Kurland New York, Aperture, 2020, 144 p. / New York, Aperture, 2021, 144 p. [Extrait] Deux récents livres photographiques des éditions Aperture donnent l’occasion de redécouvrir le travail de Justine Kurland. La série Girl Pictures, qui avait fait l’objet d’une exposition à la galerie Mitchell-Innes & Nash en 2018, […]

Tendance Floue, Fragiles — Sophie Bertrand

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Recensions de publications
Auteurs : Sophie Bertrand | Artistes : Tendance Floue

[Hiver 2023] Sophie Bertrand Tendance Floue Paris, éditions Textuel, 2022, 190 p. [Extrait] Fragiles est le dernier projet de Tendance Floue, collectif français fondé en 1991 qui réunit aujourd’hui seize photographes – treize hommes et trois femmes – aux écritures visuelles variées. Si chaque membre mène une pratique indépendante, le collectif mène régulièrement des projets […]

Omer Fast, Zach Blas, Susan Schuppli — Nicolas Mavrikakis

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Critiques d'expositions
Auteurs : Nicolas Mavrikakis | Artistes : Omer Fast, Susan Schuppli, Zach Blas

[Hiver 2023] Par Nicolas Mavrikakis Campus für Demokratie, Berlin Biennale für zeitgenössische Kunst 11.06.2022 — 18.09.2022 [Extrait] L’idée est judicieusement saisissante. Afin d’aborder la problématique actuelle de la surveillance, un des volets de la 12e Biennale de Berlin – dont le titre est Still Present ! – qui traitait des lourds héritages de la modernité […]

Ken Lum, Death and Furniture — Earl Miller

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Critiques d'expositions
Artistes : Ken Lum

[Hiver 2023] Par Earl Miller Art Gallery of Ontario, Toronto 25.06.2022 — 02.01.2023 [Extrait] Death and Furniture, la rétrospective des quarante ans de carrière de Ken Lum qui souligne son obtention du prix Gershon Iskowitz en 2019, tombe à point nommé. Comme d’autres membres de l’école de Vancouver, Lum puise ses influences dans le post-modernisme […]

Manon Labrecque, des [ré] animations — Sylvain Campeau

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Critiques d'expositions
Auteurs : Sylvain Campeau | Artistes : Manon Labrecque

[Hiver 2023] Par Sylvain Campeau Maison des arts de Laval 01.05.2022 — 03.07.2022 [Extrait] Depuis quelque dix ans, tel que pouvaient tout de même l’annoncer des travaux antérieurs, Manon Labrecque produit des machines de vision et d’animation assez singulières. De celles dont le mouvement des images est apparent, formant en cela une cinégénie, selon le […]

Alexander Henderson, Art et nature — Sophie Bertrand

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Critiques d'expositions
Auteurs : Sophie Bertrand | Artistes : Alexander Herderson

[Hiver 2023] Par Sophie Bertrand Musée McCord 10.06.2022 – 16.04.2023 [Extrait] En 2021, le Musée McCord célébrait son 100e anniversaire sur fond de crise sanitaire. Tributaire du contexte pandémique et de la fermeture imposée aux musées, la rétrospective d’Alexander Henderson qui devait ouvrir les festivités a pu enfin être présentée au public et révéler les […]

Michelle Bui, Mutable Materialism — Didier Morelli

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Critiques d'expositions
Auteurs : Didier Morelli | Artistes : Michelle Bui

[Hiver 2023] Par Didier Morelli Contemporary Art Gallery and Yaletown-Roundhouse Station, Vancouver 1.04.2022 — 28.08.2022 [Extrait] Par une journée pluvieuse à Vancouver, alors que les couleurs chatoyantes ont pour l’essentiel laissé place à des nuances de gris, le cœur du centre-ville est particulièrement morose. Les gratte-ciel postmodernes de verre et d’acier semblent affamés de lumière, […]

Judith Joy Ross, Photographies 1978–2015 — Michèle Cohen Hadria

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Critiques d'expositions
Auteurs : Michèle Cohen Hadria | Artistes : Judith Joy Ross

[Hiver 2023] Par Michèle Cohen Hadria LE BAL, Paris 16.03.2022 — 18.09.2022 [Extrait] Le portrait n’est pas le genre que je préfère en photographie. Toutefois, en visitant la première exposition en France de l’œuvre de Judith Joy Ross, j’ai senti s’ouvrir à moi un univers tissé de respect et de finesse envers l’humain, impressions qui, […]

Hiwa K, Do you remember what you are burning? — Jill Glessing

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Critiques d'expositions
Auteurs : Jill Glessing | Artistes : Hiwa K

[Hiver 2023] Par Jill Glessing The Power Plant, Toronto 20.05.2022 — 28.08.2022 [Extrait] Hiwa K parvient à trouver un équilibre précaire entre ses statuts d’artiste, de militant, d’enseignant, de philosophe, de musicien et, depuis son récent retour en Irak, d’agriculteur. Résistant aux cases professionnelles et académiques dont la plupart des artistes et intellectuels se réclament […]

Sophie Guignard — Déplacement forcé autochtone

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Critiques d'expositions
Auteurs : Sophie Guignard

[Hiver 2023] Par Sophie Guignard Galerie FOFA, Montréal 26.06.2022 — 20.08.2022 [Extrait] Durant l’été 2022, la galerie FOFA s’est tournée vers la rue. Dix grands portraits en noir et blanc étaient collés sur les vitres extérieures de la galerie de la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia, nous incitant à nous arrêter pour mieux leur […]

Daniel Hausmann, Dans les coulisses de la ruine urbaine — Mona Hakim

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Essais
Auteurs : Mona Hakim | Artistes : Daniel Haussmann

[Hiver 2023] Daniel Hausmann, Dans les coulisses de la ruine urbaine Par Mona Hakim [Extrait] Mon premier contact avec l’œuvre du photographe Daniel Hausmann remonte à quelques années lors d’une visite à son atelier, ouvert pour l’occasion à un groupe d’invités. Une production dont je découvrais la singularité par ses captations urbaines, à la fois […]

Michael Snow, Et son maman book — Jean Gagnon

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Essais
Auteurs : Jean Gagnon | Artistes : Michael Snow

[Hiver 2023] Michael Snow, Et son maman book Par Jean Gagnon [Extrait] Michael Snow publie à 94 ans La collection de photographies de ma mère1, livre qu’il appelait son « maman book » durant sa réalisation. Mais comme ce titre ne l’indique pas, les photographies en question ne sont pas des œuvres d’artiste, ce sont […]

John Max, Un fil conducteur de la photographie — Michel Hardy-Vallée

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Essais
Auteurs : Michel Hardy-Vallée | Artistes : John Max

[Hiver 2023] John Max, Un fil conducteur de la photographie Michel Hardy-Vallée [Extrait] Pour résumer la carrière d’un artiste, il su rait de quelques œuvres majeures, de repères biographiques et de commentaires généraux sur sa réception, le tout en ordre chronologique. Pas de quoi en faire un roman. Mais pour arriver à ce niveau de […]

Emmanuelle Léonard, Black Out : Les livreurs / The Deliverers — Gabrielle Sarthou, Ceux qui attendent pour nous

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Portfolios
Auteurs : Gabrielle Sarthou | Artistes : Emmanuelle Léonard

[Hiver 2023] Ceux qui attendent pour nous Gabrielle Sarthou [Extrait] Aller d’un point à l’autre, en ville. Le trottoir qui se déroule sous nos pieds. Les magasins qui dé lent les uns après les autres. Parfois, on ne voit plus les néons, ni les gens que l’on croise. Les visages s’effacent. On classe, on qualifie, […]

Santiago Tamayo Soler, Neón — Edward Pérez-González, Retracer pour bâtir : voiler pour dévoiler

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Portfolios
Auteurs : Edward Pérez-González | Artistes : Santiago Tamayo Soler

[Hiver 2023] Par Edward Pérez-­González. Retracer, c’est passer son crayon par-dessus une ligne déjà dessinée. L’encrer à nouveau pour la rendre plus grasse ; la corriger, la remettre sur pied, à sa façon…

Éliane Excoffier, Nightlife au mont Pinacle — Yannick Marcoux, La nuit retrouvée du vivant

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Portfolios
Auteurs : Yannick Marcoux | Artistes : Éliane Excoffier

[Hiver 2023] Par Yannick Marcoux. La forêt ne nous appartient pas. On a abattu ses arbres, chassé ses animaux et pollué ses cours d’eau, mais une part des forces intrinsèques qui la constituent nous échappera toujours. À l’instar des grandes étendues d’eau, la forêt, pourtant absolument concrète, habitée et vivante, nous semble parfois intangible.

Rondes de nuit

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Portfolios
Artistes : Éliane Excoffier, Emmanuelle Léonard, Santiago Tamayo Soler

[Hiver 2023] Peu importe ce qu’en dit l’adage, la nuit, les chats ne sont pas tous gris. On y recense une foule d’indivi­dualités, d’innombrables activités. En nature, la faune règne, enfin. En milieu urbain, le monde de l’emploi se manifeste encore plus précaire. Et entre ces deux pôles, sur la route, des établissements isolés s’offrent […]

Un autre monde

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT | Éditoriaux
Auteurs : Jérôme Delgado | Artistes : Éliane Excoffier, Emmanuelle Léonard, Santiago Tamayo Soler

[Hiver 2023] Par Jérôme Delgado. Peu importe ce qu’en dit l’adage, la nuit, les chats ne sont pas tous gris. On y recense une foule d’individualités, d’innom­brables activités et, sans l’ombre d’un doute, une riche palette de couleurs…

Ciel variable 122 – Rondes de nuit

Ciel variable 122 – RONDES DE NUIT

[Hiver 2023]

Peu importe ce qu’en dit l’adage, la nuit, les chats ne sont pas tous gris. On y recense une foule d’indivi­dualités, d’innombrables activités. En nature, la faune règne, enfin. En milieu urbain, le monde de l’emploi se manifeste encore plus précaire. Et entre ces deux pôles, sur la route, des établissements isolés s’offrent en refuges accueillants. Les artistes réunis ici, en dignes observateurs, usent de différentes stratégies technologiques pour nous rappeler l’importance d’agir autrement, de vivre autrement, de penser autrement.

Zoë Tousignant, L’histoire en continu — Michel Hardy-Vallée

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Entrevues
Auteurs : Michel Hardy-Vallée, Zoë Tousignant

[Automne 2022] Zoë Tousignant, L’histoire en continu Un entretien de Michel Hardy-Vallée [Extrait] Zoë Tousignant est conservatrice de la collection Photographie du Musée McCord. Elle est titulaire d’un doctorat en histoire de l’art de l’Université Concordia et d’une maîtrise en études muséales de l’Université de Leeds. Ses recherches portent sur la photographie du 20e siècle […]

Sylvain Campeau, Écrans motiles — Daniel Canty

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Recensions de publications
Auteurs : Sylvain Campeau | Artistes : Daniel Canty

[Automne 2022] Par Daniel Canty Écrans motiles Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2021, 280 p. [Extrait] Motilité. C’est le qualicatif que Sylvain Campeau choisit de convoquer pour le titre de son plus récent livre, Écrans motiles. Si, comme moi, vous vous le demandiez, le terme est emprunté aux sciences du vivant, où il […]

Dialogue photographique sur la Route de la soie — Claudia Polledri

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Recensions de publications
Auteurs : Claudia Polledri

[Automne 2022] Par Claudia Polledri Dialogue photographique sur la Route de la soie Nadar/Payram Paris, Éditions Le bec en l’air, 2021, 112 p [Extrait] Un livre, deux trajectoires, une même route et la photographie : Dialogue photographique sur la Route de la soie est un voyage surprenant à travers l’espace, le temps et l’histoire de […]

Photogenic Montreal: Activisms and Archives in a Post-Industrial City — Cheryl Simon

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Recensions de publications
Auteurs : Cheryl Simon

[Automne 2022] Par Cheryl Simon Martha Langford and Johanne Sloan (éditrices) Montreal, McGill-Queen’s University Press, 2021, 368 p. [Extrait] La photographie spectaculaire en couverture de Photogenic Montreal: Activisms and Archives in a Post-Industrial City résume à la perfection les thèmes abordés tout au long du livre. Prise par la photojournaliste Louise Abbott au petit matin […]

Graciela Iturbide, Heliotropo 37 — Stephen Horne

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Critiques d'expositions
Auteurs : Stephen Horne | Artistes : Graciela Iturbide

[Automne 2022] Par Stephen Horne Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris 12.02.2022 — 29.05.2022 [Extrait] Le titre Heliotropo 37 reprend l’adresse du studio de Graciela Iturbide à Mexico. Cet atelier, transposé dans la Fondation Cartier à Paris, est une création de Mauricio Rocha, qui signe également la scénographie de l’exposition. Avec plus de deux cents […]

Sébastien Michaud, Les jardiniers de la forêt — Mathieu Teasdale

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Critiques d'expositions
Auteurs : Mathieu Teasdale | Artistes : Sébastien Michaud

[Automne 2022] Par Mathieu Teasdale Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles, Montréal 19.03.2022 — 15.05.2022 [Extrait] Présentée à la maison de la culture de Pointe-aux-Trembles, l’exposition de Sébastien Michaud, Les jardiniers de la forêt, marche sur la frontière du documentaire photographique et de l’installation narrative réaliste. L’une et l’autre de ces deux postures, justement articulées, […]

Clara Gutsche, Portraits d’enfants. Children — Jérôme Delgado

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Critiques d'expositions
Auteurs : Jérôme Delgado | Artistes : Clara Gutsche

[Automne 2022] Par Jérôme Delgado Optica, un centre d’art contemporain, Montréal 9.04.2022 — 11.06.2022 [Extrait] Porter un regard sur les enfants comme l’a fait et le fait encore Clara Gutsche, c’est se pencher sur les seuils, ceux à la frontière des changements. C’est scruter ce qui fait la différence dans le familier ou, au contraire, […]

Steve Giasson, Steve Giasson as Others / Steve Giasson comme les autres — Emmanuelle Choquette

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Critiques d'expositions
Auteurs : Emmanuelle Choquette | Artistes : Steve Giasson

[Automne 2022] Par Emmanuelle Choquette Carleton University Art Gallery, Ottawa 15.02.2022 — 3.04.2022 [Extrait] On entre dans Steve Giasson as Others/ Steve Giasson comme les autres comme dans une galerie de portraits dans un musée ; accrochage simple en en lade, à hauteur des yeux, les photographies au format similaire se succèdent. La comparaison avec […]

Nicolas Baier, Procession — Edward Pérez-González

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Critiques d'expositions
Auteurs : Edward Pérez-González | Artistes : Nicolas Baier

[Automne 2022] Par Edward Pérez-González Manif d’art 10, Québec 19.02.2022 — 24.04.2022 [Extrait] Un zoom vers l’avant dans une forêt dense et intensément verte. Un déplacement lent et continu suggérant un temps infiniment dilaté et produisant une tension croissante où les détails sont mis en relief. Un vent faible qui sort la forêt de sa […]

Lawrence Abu Hamdan, 45th Parallel — Jill Glessing

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Critiques d'expositions
Auteurs : Jill Glessing | Artistes : Lawrence Abu Hamdan

[Automne 2022] Par Jill Glessing Mercer Union, Toronto 26.03.2022 — 4.06.2022 [Extrait] Les frontières territoriales fonctionnent comme des technologies économiques, conçues pour protéger ressources et richesses régionales. Si leur porosité aux transferts de capitaux et de marchandises s’accroît grâce aux accords de libre-échange mondialisés, elles se renforcent à l’inverse tout autant contre les migrations humaines. […]

JJ Levine, Photographies queers — Didier Morelli

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Critiques d'expositions
Auteurs : Didier Morelli | Artistes : JJ Levine

[Automne 2022] Par Didier Morelli Musée McCord, Montréal 18.02.2022 — 18.09.2022 [Extrait] À leur entrée dans la plus récente exposition individuelle de JJ Levine au Musée McCord, les visiteurs sont accueillis par une murale photographique vinyle pleine grandeur intitulée Boyfriends in Bed (2011). Dans cette image issue de sa série en cours Queer Portraits, deux […]

A Trillion Sunsets. A Century of Image Overload — Sylvain Campeau

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Critiques d'expositions
Auteurs : Sylvain Campeau

[Automne 2022] Par Sylvain Campeau International Center of Photography, New York 28.01.2022 — 2.05.2022 [Extrait] Par son titre, A Trillion Sunsets. A Century of Image Overload annonce son sujet et ses couleurs. On se dit d’ailleurs, à voir la publicité, que voilà un thème bien de notre temps. Un peu trop même, et on soupçonne […]

Cloud Album — Aux confins de la science et de l’art — Karen Henry

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Essais
Auteurs : Karen Henry

[Automne 2022] Par Karen Henry [Extrait] Nous, humains, projetons tant de choses sur les nuages, qu’ils flottent au-dessus de nos têtes ou s’installent, amassés, autour de nous. Ils incarnent la majesté et la mutabilité de la nature, mais sont aussi indissociables de notre vécu quotidien et objets de notre contemplation oisive : avoir la « […]

Disraeli – une expérience humaine en photographie — Pierre Dessureault, Retour sur l’aventure Disraeli

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Essais
Auteurs : Pierre Dessureault

[Automne 2022] Retour sur l’aventure Disraeli Par Pierre Dessureault [Extrait] 1972–2022. Un demi-siècle nous sépare d’une aventure nommée Disraeli – une expérience humaine en photographie1. Pas question ici de commémorer, en le statu ant, un moment charnière dans la jeune histoire de la photographie au Québec, mais plutôt d’esquisser le contexte qui en a dessiné […]

Shirin Neshat, Le rêve comme acte de résistance — Jill Glessing

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Essais
Auteurs : Jill Glessing | Artistes : Shirin Neshat

[Automne 2022] Shirin Neshat, Le rêve comme acte de résistance Par Jill Glessing [Extrait] Déplacement, perte, nostalgie – ces expériences existentielles s’inscrivent en nous à mesure que nous nous dispersons autour du globe. Les afflux contemporains de migrations humaines, forcées par des conditions de guerre ou de pauvreté, ou à la recherche volontaire de nouvelles […]

Pierre Blache, L’insolence des villes — Restez à la maison; allez marcher, Michel Hardy-Vallée

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Portfolios
Auteurs : Michel Hardy-Vallée | Artistes : Pierre Blache

[Automne 2022] Restez à la maison; allez marcher Par Michel Hardy-Vallée [Extrait] Ma mémoire des premiers mois de la pandémie est encore embrouillée, mais ces deux injonctions contradictoires, simultanément émises au tout début du confinement, me sont soudainement revenues. Ces impératifs d’une apparente banalité, à la limite apparente de l’insignifiance, allaient en fait changer notre […]

Chun Hua Catherine Dong, I Have Been There – New York — Didier Morelli, Y être ou y avoir été

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Portfolios
Auteurs : Didier Morelli | Artistes : Chun Hua Catherine Dong

[Automne 2022] Y être ou y avoir été Par Didier Morelli [Extrait] « Ici, je veux ajouter que ce n’est pas l’architecture qui régit seule de tels degrés de confort ou d’inconfort, mais que c’est aussi le comportement du corps – les mouvements des hommes, des femmes, des Blancs, des Noirs ou de toute personne […]

Justine Kurland, Highway Kind (A Love Story) — Moyra Davey, Jeunes hommes à risque

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Portfolios
Auteurs : Moyra Davey | Artistes : Justine Kurland

[Automne 2022] Jeunes hommes à risque Par Moyra Davey Tout ce que l’on ressent, mieux vaut pouvoir le ressentir à voix haute. – Kathleen Collins, lors d’un atelier d’étudiants à la Howard University, 1984 Et Kathleen Collins de poursuivre, lors du même atelier : « Un bon travail repose sur le détachement ». Il n’est […]

Déambulations

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Portfolios
Artistes : Chun Hua Catherine Dong, Justine Kurland, Pierre Blache

[Automne 2022] Marcher dans la ville, parcourir les routes, découvrir le pays, se déplacer dans les capitales étrangères – bref, se mettre en mouvement – pour confronter d’autres perspectives, relativiser ses valeurs, ou au contraire les armer, et prendre la mesure du monde que nous habitons. Cette mobilité, ces déplacements constants, sont à la base […]

À la recherche de lieux qui nous parlent

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS | Éditoriaux
Auteurs : Jacques Doyon | Artistes : Chun Hua Catherine Dong, Justine Kurland, Pierre Blache

[Automne 2022] Par Jacques Doyon Marcher dans la ville, parcourir les routes, découvrir le pays, se déplacer dans les capitales étrangères – bref, se mettre en mouvement – pour confronter d’autres perspectives, relativiser ses valeurs, ou au contraire les affirmer, et prendre la mesure du monde que nous habitons. Cette mobilité, ces déplacements constants, sont […]

Ciel variable 121 – Déambulations

Ciel variable 121 – DÉAMBULATIONS

[Automne 2022]

Marcher dans la ville, parcourir les routes, découvrir le pays, se déplacer dans les capitales étrangères – bref, se mettre en mouvement – pour confronter d’autres perspectives, relativiser ses valeurs, ou au contraire les armer, et prendre la mesure du monde que nous habitons. Cette mobilité, ces déplacements constants, sont à la base des travaux ici réunis ; s’y ancre le désir de montrer l’envers de l’Amérique, de prendre à rebours les icônes du tourisme planétaire ou de mesurer l’hypertrophie des grandes agglomérations urbaines.

Paul Roth, L’objectif derrière l’acquisition des archives Burtynsky — Jérôme Delgado

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Entrevues
Auteurs : Jérôme Delgado | Artistes : Edward Burtynsky

[Été 2022] L’objectif derrière l’acquisition des archives Burtynsky Un entretien de Jérôme Delgado [Extrait] Né à St. Catharines, sur les rives du lac Ontario, à quelques encablures de Toronto, l’artiste et photographe environnemental de réputation internationale Edward Burtynsky a étudié au Ryerson Polytechnical Institute (aujourd’hui l’université Ryerson), dont il a obtenu un baccalauréat en photographie […]

Jocelyn Philibert, Métamorphose du réel — Mona Hakim

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Recensions de publications
Auteurs : Mona Hakim | Artistes : Jocelyn Philibert

[Été 2022] Par Mona Hakim. Voici une publication majeure à caractère monographique du photographe Jocelyn Philibert, couvrant une production de plus de trente ans…

Jean Gagnon, Vidéocaméléon — Sylvain Campeau

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Recensions de publications
Auteurs : Sylvain Campeau

[Été 2022] Par Sylvain Campeau Vidéocaméléon. Chroniques de l’art vidéo au Québec, de Vidéo Véhicule à PRIM Vidéo, 1972–1992 Montréal, Éditions Somme toute, 2021, 239 p. [Extrait] Disons-le d’emblée, car il n’y a pas matière à ergoter : ce livre sera d’une grande utilité pour tous ceux qui s’intéressent aux arts visuels au Canada et […]

Matt Johnston, Photobooks & — Louis Perreault

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Recensions de publications
Auteurs : Louis Perreault | Artistes : Matt Johnston

[Été 2022] Par Louis Perreault Photobooks & A critical companion to the contemporary medium Onomatopee, Eindhoven, Pays-Bas, 2021, 210 p. [Extrait] Il s’est écrit beaucoup de choses à propos de l’effervescence qu’a connue le livre photographique depuis le début des années 2000. On aura soulevé à maintes reprises l’importance des ouvrages ayant retracé l’histoire du […]

Sarah Moon, At the Still Point — Ariane Noël de Tilly

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Critiques d'expositions
Auteurs : Ariane Noël de Tilly | Artistes : Sarah Moon

[Été 2022] Par Ariane Noël de Tilly Fotografiska, New York 15.10.2021— 6.02.2022 [Extrait] C’est avec La robe à pois, une photographie grand format de 1996, placée en début de parcours, que les visiteurs étaient invités à plonger dans l’univers énigmatique, parfois en couleur, mais le plus souvent en noir et blanc, de Sarah Moon. Dans […]

Myriam Yates, Parcs. Playgrounds — Josianne Poirier

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Critiques d'expositions
Auteurs : Josianne Poirier | Artistes : Myriam Yates

[Été 2022] Par Josianne Poirier Optica, Montréal 6.11.2021 — 18.12.2021 [Extrait] Dans la série de photographies et de vidéos qui composent l’exposition Parcs. Playgrounds, Myriam Yates pose sa caméra sur des aires de jeux désertées. Situées dans différents quartiers de New York, les installations qu’elle a documentées en 2018 portent néanmoins la trace d’usages passés […]

Sorel Cohen, Métaphores conceptuelles — Johanne Sloan

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Critiques d'expositions
Auteurs : Johanne Sloan | Artistes : Sorel Cohen

[Été 2022] Par Johanne Sloan VOX – Centre de l’image contemporaine, Montréal 18.11.2021 — 19.02.2022 [Extrait] L’esprit, l’énergie et l’approche expérimentale du travail de Sorel Cohen inspirent plus que jamais dans une exposition organisée au centre VOX, qui réunit des œuvres choisies des années 1970 aux années 2000. La pratique de Cohen s’est épanouie sur […]

Emmanuel Galland, « Mes Dates / Close Friends » — Sophie Bertrand

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Critiques d'expositions
Auteurs : Sophie Bertrand | Artistes : Emmanuel Galland

[Été 2022] Par Sophie Bertrand HANGAR 7826, Montréal 6.11.2021 — 28.11.2021 [Extrait] Max, Brad, Tyler, John, Diego, Erik… Ces prénoms sans visage, amassés sur les murs de la petite galerie HANGAR 7826, nous accueillent sans dire mot dans la plus récente exposition d’Emmanuel Galland intitulée « Mes Dates / Close Friends ». De prime abord, […]

Taysir Batniji, Quelques bribes arrachées au vide qui se creuse — Érika Nimis

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Critiques d'expositions
Auteurs : Erika Nimis | Artistes : Taysir Batniji

[Été 2022] Par Érika Nimis MAC VAL Musée d’art contemporain du Val-de-Marne, Vitry-sur-Seine 6.06.2021 — 9.01.2022 [Extrait] Le Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (MAC VAL) consacrait une exposition monographique à Taysir Batniji, retraçant avec une rare cohérence plus de 25 ans de carrière artistique en une cinquantaine d’œuvres : peintures, dessins, photographies, vidéos, installations, performances. […]

Sanaz Sohrabi, Hiding in Plain Sight: Archives of Oil — Emmanuelle Choquette

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Critiques d'expositions
Auteurs : Emmanuelle Choquette | Artistes : Sanaz Sohrabi

[Été 2022] Par Emmanuelle Choquette Centre d’art et de diffusion Clark, Montréal 28.10.2021 — 27.11.2021 [Extrait] Dans sa pratique, Sanaz Sohrabi s’intéresse à la structure politique de l’image ainsi qu’à sa trajectoire et à sa circulation. Elle aborde ces questions à travers le prisme de l’archive comme site de représentation, mais aussi comme outil de […]

Michel Boulanger, Dans ces rangs de lignes pressées — Daniel Roy

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Critiques d'expositions
Auteurs : Daniel Roy | Artistes : Michel Boulanger

[Été 2022] Par Daniel Roy Occurrence, espace d’art et d’essai contemporains, Montréal 14.01.2022 — 19.02.2022 [Extrait] À travers sa pratique artistique, Michel Boulanger a développé un intérêt particulier pour les technologies industrielles et la façon dont celles-ci transforment le paysage agraire. Sa plus récente vidéo d’animation, Dans ces rangs de lignes pressées, présentée à la […]

Luther Konadu, Portraiture en gestuelles — Nicolas Mavrikakis

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Critiques d'expositions
Auteurs : Nicolas Mavrikakis | Artistes : Luther Konadu

[Été 2022] Par Nicolas Mavrikakis SBC galerie d’art contemporain, Montréal 4.11.2021 — 18.12.2021 [Extrait] Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, la photographie continue d’avoir auprès d’un large public une aura de vérité. Ce statut d’autorité de la photo, quant à sa possibilité à capturer la réalité, construction historique héritée du 19e siècle, est un cliché […]

Michel Saint-Jean. Quand le documentaire se fait revendication — Pierre Dessureault

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Essais
Auteurs : Pierre Dessureault

[Été 2022] Par Pierre Dessureault [Extrait] Les années 1960 et 1970 au Québec correspondent à une révision radicale, dans tous les domaines, des modèles donnés jusque-là comme immuables. Ce grand mouvement de renouveau fait table rase des institutions désuètes et des mentalités sclérosées héritées de la Grande Noirceur duplessiste, et revendique une identité nationale et […]

Contagion de la terreur. Surveiller la surveillance — Edward Pérez-González

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Essais
Auteurs : Edward Pérez-González

[Été 2022] Par Edward Pérez-González [Extrait] C’est la tête pleine des éloges lus dans la presse locale – « une expo qui donne froid dans le dos… », « une exposition à glacer le sang… » – que je me suis rendu à l’emplacement temporaire du Musée d’art contemporain de Montréal (MAC), Place Ville Marie, […]

Prospectus pour une histoire à venir de la photographie québécoise — Michel Hardy-Vallée

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Essais
Auteurs : Michel Hardy-Vallée

[Été 2022] Par Michel Hardy-Vallée [Extrait] Lorsqu’on cherche à mieux comprendre l’histoire de la photographie au Québec, on bute inévitablement sur trois lieux communs. Le premier est l’absence : mais où est-il donc ce livre de référence que tout le monde attend et que personne n’a encore écrit ? Il y a pourtant des ouvrages […]

Meryl Mcmaster, As Immense as the Sky — Lori Beavis, Le début de quelque chose de nouveau

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Portfolios
Auteurs : Lori Beavis | Artistes : Meryl McMaster

[Été 2022] Par Lori Beavis [Extrait] J’aimerais plonger dans l’espace d’entreposage où Meryl McMaster range les vêtements qu’elle a créés dans le cadre de sa pratique photographique et performative. Une fois-là, je pourrais étudier de près les manteaux, tuniques à motifs, bandages à main, couvre-chefs ornés d’oiseaux, et brassards et matériaux végétaux à plumes. Au […]

Jeff Thomas, Indians on Tour — Carolyn Hickey, La salle du cartographe autochtone

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Portfolios
Auteurs : Carolyn Hickey | Artistes : Jeff Thomas

[Été 2022] Entrevue réalisée par Carolyn Hickey [Extrait] L’exposition The Indigenous Map Maker’s Room, tenue au Latcham Art Centre1, a remis au-devant de la scène la série Indians on Tour, entreprise par Jeff Thomas il y a quelque vingt ans, qui a continué à évoluer et a généré d’autres séries en parallèle. Nous reproduisons ici […]

Dana Claxton, Portraits & Regalia — Skeena Reece, C’est de l’amour ou une photographie

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Portfolios
Auteurs : Skeena Reece | Artistes : Dana Claxton

[Été 2022] C’est de l’amour ou une photographie – tout dépend du point de vue Par Skeena Reece [Extrait] The Mustang Suite est une série qui dépasse la seule question de la mobilité, bien qu’il s’agisse d’un excellent point de départ pour vous présenter ces œuvres de Dana Claxton : des images où se trouvent […]

Figures d’affirmation

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Portfolios
Artistes : Dana Claxton, Jeff Thomas, Meryl McMaster

[Été 2022] La culture autochtone a longtemps été opprimée dans ce pays, mais des voix fortes et fières se sont progressivement affirmées sur la scène publique et elles sont de plus en plus reconnues. Nous en présentons ici trois qui se sont distinguées en faisant de la photographie le véhicule central de leur démarche. Ensemble, […]

Partout visibles

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION | Éditoriaux
Auteurs : Jacques Doyon | Artistes : Dana Claxton, Jeff Thomas, Meryl McMaster

[Été 2022] Par Jacques Doyon Les peuples autochtones ont été parqués dans des réserves, coupés de leurs territoires ancestraux, soumis à l’assimilation forcée dans les écoles et ils ont vu leur statut nié en tant que Métis ou résident urbain. On leur a interdit d’afficher les signes de leurs cultures, ils ont été longtemps condamnés […]

Ciel variable 120 – Figures d’affirmation

Ciel variable 120 - FIGURES D’AFFIRMATION

[Été 2022]

La culture autochtone a longtemps été opprimée dans ce pays, mais des voix fortes et fières se sont progressivement affirmées sur la scène publique et elles sont de plus en plus reconnues. Nous en présentons ici trois qui se sont distinguées en faisant de la photographie le véhicule central de leur démarche. Ensemble, elles proposent une vision renouvelée de l’identité des Premiers Peuples, qui puise dans la tradition tout en étant pleinement en phase avec la réalité contemporaine et en affirmant une présence sur tout le territoire.

Gregory Halpern, ZZYZX – Louis Perreault

Ciel variable 105 – MONTRÉALITÉS | Recensions de publications
Auteurs : Louis Perreault | Artistes : Gregory Halpern

18 mai 2022 [originellement publié dans CV105 à l’hiver 2017] — Dans l’univers de la photographie, le livre continue de jouer un rôle essentiel de diffusion. Or, au-delà du simple outil de promotion du travail d’un photographe, le livre est abordé par plusieurs comme un espace de création à part entière…

William A. Ewing, Les photographies sont les yeux de notre civilisation — Jacques Doyon

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Entrevues
Auteurs : Jacques Doyon, William E. Ewing | Artistes : Alejandro Cartagena, Francesco Zizola, Olivier Christinat

Jacques Doyon s’entretient avec William A. Ewing sur le rôle de la photographie dans notre civilisation, les enjeux mondiaux actuels et le pouvoir des images.

Valérian Mazataud, liwa mairin, la femme de l’eau — Serge Allaire

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Recensions de publications
Auteurs : Serge Allaire | Artistes : Valérian Mazataud, Valérian Mazataud

Serge Allaire analyse liwa mairin, la femme de l’eau de Valérian Mazataud, un livre photographique consacré aux habitants de Bobel et à leur relation intime avec l’eau et le territoire.

Anne-Marie Proulx, Le Jardin d’après — Élisabeth Recurt

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Recensions de publications
Auteurs : Élisabeth Recurt | Artistes : Anne-Marie Proulx

Élisabeth Recurt analyse Le jardin d’après d’Anne-Marie Proulx, un livre photographique inspiré d’Anne Hébert, entre mémoire, paysage urbain et récits du vivant.

Martin Désilets, Les tableaux réunis — Yannick Marcoux

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Critiques d'expositions
Auteurs : Yannick Marcoux | Artistes : Martin Désilets

Yannick Marcoux analyse Les tableaux réunis de Martin Désilets, une exposition où la photographie explore l’accumulation, la mémoire des œuvres et les frontières entre image et abstraction.

Carlos Ferrand Zavala, Resistencia. Perú, 1970–1975 — Alexis Desgagnés

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Critiques d'expositions
Auteurs : Alexis Desgagnés | Artistes : Carlos Ferrand Zavala

Alexis Desgagnés analyse Resistencia. Perú, 1970–1975 de Carlos Ferrand Zavala, une exposition qui revisite ses photographies et films sur les réalités sociales du Pérou.

Catherine Bodmer, Synonymes — Emmanuelle Choquette

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Critiques d'expositions
Auteurs : Emmanuelle Choquette | Artistes : Catherine Bodmer

Emmanuelle Choquette analyse Synonymes de Catherine Bodmer, une exposition où photographie et texte explorent les relations entre nature, langage et perception.

Françoise Sullivan, Les années 1970 — Didier Morelli

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Critiques d'expositions
Auteurs : Didier Morelli | Artistes : Françoise Sullivan

Didier Morelli analyse Françoise Sullivan. Les années 1970, une exposition révélant les expérimentations de l’artiste québécoise en photographie, performance, vidéo et art conceptuel.

Lorenza Böttner, Requiem pour la norme — Fanny Bieth

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Critiques d'expositions
Auteurs : Fanny Bieth | Artistes : Lorenza Böttner

Fanny Bieth analyse Requiem pour la norme de Lorenza Böttner, une exposition qui célèbre un corps libre et pluriel à travers photographie, performance et arts visuels.

Dawit L. Petros, Gaps, holes, fissures, and frictions — Claudia Polledri

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Critiques d'expositions
Auteurs : Claudia Polledri | Artistes : Dawit L. Petros

Claudia Polledri analyse Gaps, holes, fissures, and frictions de Dawit L. Petros, une exposition sur les héritages coloniaux, les archives et les trajectoires migratoires.

Sylvie Readman, Denis Rioux, Porosités — Mona Hakim

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Critiques d'expositions
Auteurs : Mona Hakim | Artistes : Denis Rioux, Sylvie Readman

Mona Hakim analyse Porosités, l’exposition réunissant Sylvie Readman et Denis Rioux, où la photographie explore la matérialité de l’image, la perception et le rapport au vivant.

Dawoud Bey, An American Project — Ariane Noël de Tilly

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Critiques d'expositions
Auteurs : Ariane Noël de Tilly | Artistes : Dawoud Bey

Ariane Noël de Tilly analyse An American Project de Dawoud Bey, une rétrospective qui révèle le rôle social et politique de la photographie auprès des communautés marginalisées.

James Coleman, On récolte ce que l’on sème — Stephen Horne

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Essais
Auteurs : Stephen Horne | Artistes : James Coleman

Stephen Horne analyse On récolte ce que l’on sème de James Coleman, une réflexion sur les rapports entre nature, culture, images et conséquences des actions humaines.

Errance Sans Retour, « Ils ont aussi tué mon père » — Pierre Dessureault

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Essais
Auteurs : Pierre Dessureault | Artistes : Renaud Philippe

Pierre Dessureault analyse Errance sans retour de Renaud Philippe, une œuvre documentaire sur l’exil des Rohingyas et le pouvoir des images face aux drames humains.

Et fili ? De la transmission culturelle et du livre de photographie québécois — Michel Hardy-Vallée

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Essais
Auteurs : Michel Hardy-Vallée | Artistes : Anne-Marie Proulx, Bertrand Carrière, Charles-Frédérick Ouellet, Donigan Cumming, Florence Le Blanc, Guillaume Simoneau, John Max, Matthieu Brouillard, Michel Campeau, Sylvain Cousineau

Michel Hardy-Vallée explore la transmission culturelle et le livre de photographie québécois, en réfléchissant aux filiations artistiques et à l’écriture d’une histoire de la photo.

Andreas Rutkauskas, Refuge: After the Fire — Franck Michel, La résilience des paysages

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Portfolios
Auteurs : Franck Michel | Artistes : Andreas Rutkauskas

Andreas Rutkauskas explore les paysages marqués par les feux de forêt dans Refuge : Après l’incendie, accompagné d’un essai de Franck Michel sur la résilience des paysages.

Thomas Kneubühler, Alpine Signals — Louis Perreault, Sans perte de signal

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Portfolios
Auteurs : Louis Perreault | Artistes : Thomas Kneubühler

Thomas Kneubühler explore les paysages alpins transformés par les infrastructures numériques dans Alpine Signals, accompagné d’un essai de Louis Perreault sur la photographie et la technologie.

Geneviève Chevalier, Mirement/Towering : La Ménagerie et L’Herbier — Sylvain Campeau, Aménager le vivant

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Portfolios
Auteurs : Sylvain Campeau | Artistes : Geneviève Chevalier

Geneviève Chevalier, Mirement/Towering : La Ménagerie et l’Herbier. Sylvain Campeau analyse une œuvre qui interroge les liens entre photographie, sciences naturelles, colonialisme et monde vivant.

Contre-nature

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Portfolios
Artistes : Andreas Rutkauskas, Geneviève Chevalier, Thomas Kneubühler

Poursuivez la découverte du numéro 119 de Ciel variable, Against Nature, avec des essais, portfolios et expositions consacrés à la photographie contemporaine et aux paysages transformés.

Contre-nature ?

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE | Éditoriaux
Auteurs : Jacques Doyon

Le numéro 119 de Ciel variable, Contre-nature, explore notre rapport à la nature à travers la photographie avec Geneviève Chevalier, Thomas Kneubühler et Andreas Rutkauskas.

Ciel variable 119 – CONTRE-NATURE

Ciel variable 119 - CONTRE-NATURE

[Hiver 2022]

Le titre Contre-nature peut sembler paradoxal puisque les artistes réunis dans ce dossier sont tous des défenseurs, des amoureux de la nature et qu’ils la fréquentent régulièrement. Mais ce dont leurs travaux rendent compte c’est d’une « naturalité » traversée de part en part par l’activité humaine, entièrement façonnée par elle, ce qui implique que le sort de la nature est entièrement entre nos mains.

Marie-Josée Rousseau, Au carrefour des pratiques photographiques — Jérôme Delgado

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Entrevues
Auteurs : Jérôme Delgado

Fondatrice de la seule galerie québécoise exclusive à la photographie, Marie-Josée Rousseau se confie sur ses motivations et sur son rôle dans le marché de l’art. Celle qui est arrivée à la photographie avec la technologie numérique – elle lui a permis « une exploration sans pareille » – est devenue une véritable porte-parole de l’image-objet. « La photographie se doit d’être incarnée en un objet qu’il est possible de voir et de toucher », défend-elle. La Castiglione, sa galerie, elle la voit comme un carrefour où se croisent courants, disciplines, écoles de pensée. Elle l’a baptisée ainsi, en référence à cette figure historique de la photographie qui « pouvait grandir en dehors de moi » et à laquelle tous s’identifieraient. « Un concept moins évident lorsque c’est le nom du propriétaire qui est mis en avant. » Devenue nomade en 2020, La Castiglione et son modèle sont à repenser, selon Marie-Josée Rousseau, qui s’est donné un an pour réfléchir à la suite de ses activités.

Alexis Desgagnés, Ammoniaque — Ève Dorais

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Recensions de publications
Auteurs : Ève Dorais | Artistes : Alexis Desgagnés

Regard sur un quartier industriel du quartier montréalais Hochelaga, Ammoniaque conjugue avec finesse l’approche documentaire – « l’importance du sujet et de la prise de vue », précise Ève Dorais –, et la matérialité de la photographie, par l’utilisation d’appareils analogiques et de pellicules photosensibles. De l’avis de l’autrice, « le regard désaxé » d’Alexis Desgagnés et son attention pour les détails donnent aux lieux une dimension quasiment spirituelle. L’artiste – et historien de l’art, commissaire et poète – dévoile, en s’attardant à des mots écrits sur un mur de tôle, une poésie urbaine. Proche du langage exploréen de Claude Gauvreau, celle-ci est teintée « de douleur, d’incongruité et d’euphorie ». C’est un livre essentiel, dit Ève Dorais, parce qu’il sensibilise à la réalité d’un interstice urbain plein d’humanité et qu’il « incite à revoir nos conceptions du paysage et de la belle photo ».

La fête : les gens sont venus pour s’amuser — Dayna McLeod

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Recensions de publications
Auteurs : Dayna McLeod

« Régal pour le cœur, l’esprit et l’âme », écrit d’emblée Dayna McLeod, La Fête est l’ouvrage à consulter dans le contexte de privations et d’isolement engendré par la pandémie. La centaine d’images rassemblées après un appel lancé à des artistes québécois et brésiliens relève à la fois du documentaire, du portrait et de la prise de vue sur le vif. Librement associées, mais soigneusement organisées, elles offrent une « porte d’entrée sur les émotions », « un voyage parmi des gens et des lieux en liesse » ou encore « un air de légèreté et de rêverie qui en appelle à nos souvenirs, nos désirs et à notre peur de manquer quelque chose ». Si une application audio situe l’environnement sonore des images, les textes leur donnent du sens, en faisant ressortir l’élan politique de la thématique.

Women Street Photographers — Ariane Noël de Tilly

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Recensions de publications
Auteurs : Ariane Noël de Tilly

À l’instar de la photographie reproduite en couverture, les intentions du livre sont manifestes : diriger notre attention vers une femme qui regarde. « C’est ce que Women Street Photographers nous invite à faire, soit prendre connaissance du travail des femmes photographes et des événements (…) qu’elles ont captés dans l’espace public. » Pour Ariane Noël de Tilly, ce projet découlant d’une série d’expositions annuelles et homonymes propose un survol en cent photographies dont l’enchaînement assez libre « permet de témoigner de la grande variété d’approches de la photographie de rue ». Ce choix pour une organisation hétéroclite met l’accent « sur les heureux hasards liés à notre expérience de l’espace public ». Deux essais complètent l’ouvrage, dont un qui évoque le croisement depuis le 19e siècle de deux histoires : celle de la photo et celle de la condition féminine.

Érika Nimis, Mutants — Christian Roy

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Christian Roy | Artistes : Érika Nimis

À la fois documentaire et expérimentale, la pratique photographique d’Érika Nimis la mène sur les traces de lieux et d’objets à l’abandon. L’ensemble intitulé Mutants – reproductions de documents, gros plans sur des extraits de textes, images de lieux, de personnes et d’objets – découle de la découverte du site de l’Université des Mutants, aujourd’hui disparue. L’établissement de l’île de Gorée, au large du Sénégal, proposait de soutenir des recherches « alternatives endogènes » qui auraient pu, selon Christian Roy, donner un autre monde, développé au Sud. Cette « utopie à saveur d’uchronie » trouve écho dans les images mélancoliques de Nimis. « Liant afrofuturisme et rétrofuturisme, Mutants propose une plongée archéologique dans ce chantier laissé en plan », observe celui pour qui ce « projet de recherche photographique [est] aussi inspirant que poétique ».

Yann Pocreau, Les Impermanents — Daniel Roy

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Daniel Roy | Artistes : Yann Pocreau

Poursuivant les réflexions de Yann Pocreau sur la matérialité de la lumière, Les Impermanents regroupait des œuvres inspirées par la voûte céleste. S’appuyant sur des photographies de tout type, y compris certaines réalisées sans appareil, l’artiste s’aventurait, constate Daniel Roy, dans une méditation sur le cosmos, le temps, « la fugacité de la vie et la finitude des êtres et des objets ». Ses expérimentations autour de l’impression de la lumière relevaient de l’hommage aux pionniers de la photographie. Et même plus. La présence d’épreuves non traitées avec fixateur, « vouées à une imminente extinction », éveillait des pensées envers « ces créateurs dont l’histoire n’a pas retenu le nom, que le temps a fini par effacer ». « La photographie, commente Daniel Roy, n’est pas aussi pérenne qu’on le voudrait. Elle peut s’altérer. La mémoire aussi. »

Chuck Samuels, Devenir la photographie — Sylvain Campeau

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Sylvain Campeau | Artistes : Chuck Samuels

La mise en abîme de la photographie, du portrait photographique, occupe Chuck Samuels depuis 1991. Rassemblés sous le titre Devenir la photographie, et exposés en deux lieux, ces différents corpus relèvent de deux paradigmes, selon Sylvain Campeau : l’enjeu désormais dépassé de l’originalité d’une œuvre et l’actuel « cosmos aux ramifications sans fin ». Le critique reconnaît que l’évolution de cette pratique, entre l’appropriation de la réputation « d’illustres devanciers » et la contestation de « la hiérarchie des gens et des genres », s’inscrit dans la « dissolution de la barrière entre les médias », tous semblables, tous numériques. « Ce devenir de la photographie, signale-t-il cependant, se déploie au moment même où cela ne pouvait déboucher que sur une fin de non-recevoir. »

Capture Photography Festival 2021 — Karen Henry

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Karen Henry

Devant l’hétéroclite festival Capture, Karen Henry fait le choix de ne s’attarder ici qu’au volet dans l’espace public. Il faut préciser que l’édition 2021 n’a pas été épargnée par la controverse après le retrait soudain de la série de Steven Shearer consacrée au sommeil. « Les sujets endormis sont intrinsèquement vulnérables, ce qui a mis plusieurs personnes mal à l’aise », note la critique, pour qui le « fiasco » soulève maintes questions. Les organisateurs ont-ils tenu compte de la crise du fentanyl qui s’abat sur Vancouver ? Une compagnie publicitaire décide-t-elle ce qui peut être vu ? Karen Henry salue d’autres projets, dont ceux d’Anique Jordan et de Jordan Bennett qui évoquaient, en parlant des communautés noires ou autochtones, « l’expérience permanente de la perte, mais aussi la promesse de tant de choses qu’il reste à dire ».

Paul Walde, Requiem pour un glacier — Reilley Bishop-Stall

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Reilley Bishop-Stall | Artistes : Paul Walde

D’abord oratorio interprété in situ, puis installation vidéo, Requiem for a Glacier prend son origine dans un site naturel en Colombie-Britannique menacé par un projet (abandonné) de station de ski. Comme le réchauffement planétaire se poursuit, l’œuvre de Paul Walde, portée sur le deuil et le combat, demeure pertinente, même des années après sa création. En images, elle s’enrichit « d’effets temporels et visuels qui font écho à l’urgence dramatique de la pièce musicale », estime Reilley Bishop-Stall. L’ensemble est néanmoins discutable aux yeux de la nation Ktunaxa. « La projection d’une complainte (…) en latin sur le territoire sacré des Ktunaxa soulève des enjeux (…) inévitables. Cela dit, l’enracinement par Walde de la partition tant dans les anciennes traditions eurochrétiennes que dans la politique canadienne contemporaine est potentiellement utile pour évaluer les intérêts divergents. »

Emanuel Licha, zo reken — André Lavoie

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : André Lavoie | Artistes : Emanuel Licha

Après avoir traité des représentations de la guerre, Emanuel Licha plonge dans un Haïti en constante lutte. Davantage proche du cinéma linéaire que ses précédents films, son documentaire zo reken se nourrit autant des images enregistrées que du hors-champ. « Une posture habituelle pour celui qui s’interroge à propos du caractère subjectif de notre regard », note André Lavoie. Le climat insurrectionnel de la capitale haïtienne se déploie à travers le double cadre de la caméra et des fenêtres d’un « zo reken ». Cet « os de requin » désigne les voitures utilisées par les puissances étrangères, des 4 x 4 adoptés même par les organismes humanitaires. « Au milieu de ce véhicule, Haïti se révèlera dans une proposition esthétique parfaitement circonscrite, regard balisé comme si le spectateur était lui aussi enfermé dans cet espace clos. »

Alejandro G. Iñárritu, Carne y Arena — Jean Gagnon

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Jean Gagnon | Artistes : Alejandro G. Iñárritu

Partie prenante d’une offre de plus en plus récurrente en réalité virtuelle, l’installation Carne y Arena d’Alejandro G. Iñárritu a été présentée à Montréal accompagnée d’une solide réputation. Jean Gagnon s’inscrit en faux contre l’enthousiasme envers cette « expérience de narration exceptionnelle », bien qu’il lui trouve de grandes qualités. « Iñárritu, écrit-il, fait preuve de plus d’ingénuité, car son installation ne se résume pas qu’à la narration et l’expérience n’est pas que virtuelle. » L’œuvre portée sur l’épreuve que représente la migration clandestine « articule autre chose qu’une simili-réalité », dépasse le phénomène du ressenti. « Carne y Arena questionne l’efficacité de l’art, son rôle et sa puissance de changement, en oscillant entre l’émotion et l’intellect, le sensible et l’intelligible », lit-on en conclusion de sa critique.

Meryl McMaster, Il fut un chant — Stéphanie Hornstein

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Critiques d'expositions
Auteurs : Stéphanie Hornstein | Artistes : Meryl McMaster

L’exposition que Meryl McMaster a conçue lors d’une résidence lui ayant permis de travailler avec la collection du Musée McCord portait sur la relation paradoxale de l’être humain avec la nature. Aux oiseaux sous cloches de verre conservés par le musée l’artiste a répondu par des œuvres qui, selon Stéphanie Hornstein, se débattent dans une souffrance propre au style des vanitas de tradition néerlandaise. Si l’expo embrasse « le caractère éphémère de l’ensemble des formes de vie », comme Horsntein le décrit, elle a peu du ton pessimiste. « La mort, selon McMaster, est un processus naturel, bien que déconcertant, et plutôt que de la nier (en mettant par exemple des oiseaux naturalisés dans des globes de verre), nous devrions apprendre des cycles de la vie. »

Luc Bourdon. Jouer avec les images et les sons — Nicole Gingras

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Essais
Auteurs : Nicole Gingras | Artistes : Luc Bourdon

Figure majeure de la vidéo et du cinéma, Luc Bourdon a réalisé une cinquantaine d’œuvres, plusieurs prenant pour sujet la culture, telles La mémoire des anges (2008) et La part du diable (2017), bâties à partir des archives de l’ONF. Dans cet entretien accordé en marge du 50e anniversaire de Vidéographe auquel Bourdon a pris part, Nicole Gingras le fait témoigner sur ses débuts, son amour des mots, sa vision du montage. Celui qui a adopté dans les années 1980 la vidéo pour « la possibilité de dire “je vois” » reconnaît avoir été influencé par Gary Hill et Michael Snow. Il leur doit l’idée d’utiliser les images comme « support pour y déposer mots et phrases ». Après avoir créé dans « l’immédiateté » propre à la vidéo, Luc Bourdon s’est engagé dans des productions qui exigent « plus de souffle et de recherche », telle que La mémoire des anges, film « impressionniste » sur lequel il s’attarde longuement.

David Tomas, La parole et le silence — Vincent Bonin

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Essais
Auteurs : Vincent Bonin | Artistes : David Tomas

Invité par Ciel variable à réévaluer la pratique de David Tomas, l’auteur offre une vue en coupe de la trajectoire intellectuelle de l’artiste et anthropologue décédé en 2019. L’essai signale l’importance que Tomas accordait au silence, y compris jusque dans son œuvre ultime portée par un ambigu « No Lot ». « Ce “non” résonne dans l’espace posthume comme une dernière forme de la résistance du silence après l’interruption de la parole », observe Vincent Bonin. Créateur notamment d’installations cinétiques marquées par leur « complexité sémiotique », l’artiste est connu pour ses innovations technologiques (utilisation de stroboscopes, chronomètres et déclencheurs automatiques dès les années 1980). Il a participé à la réévaluation critique de l’histoire de la photographie, au même titre que Jeff Wall ou Allan Sekula, tout en évitant les « énoncés d’intention » au profit d’une pensée fragmentaire ou performative, et même silencieuse « quand sa présence s’ajoute ».

Moyra Davey. Le récit personnel et l’art de la narration fragmentée contre les dogmes — Nicolas Mavrikakis

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Essais
Auteurs : Nicolas Mavrikakis | Artistes : Moyra Davey

En réaction à un « intégrisme de gauche » et à des campagnes pour « un art moral [et] lisse, sans zones d’ombre », Nicolas Mavrikakis propose une lecture enflammée de la pratique de Moyra Davey et en particulier de sa vidéo i confess (2019). Cette œuvre, qui aborde des thèmes polarisants, amène, selon le critique, « à réfléchir au-delà de l’opposition entre bons et méchants ». Inclassable et complexe, basée sur des jeux d’images dans l’image, elle est « une sorte de poupée russe » qui multiplie les références, cite autant James Baldwin que Pierre Vallières, parmi d’autres. À l’instar de i confess, et du film Pierre Vallières (1972) de Joyce Wieland commenté par Mavrikakis, ce texte se lève contre les dogmes et suggère de ne pas s’enliser dans des lectures figées et simples de l’histoire culturelle, y compris quand il s’agit de reparler de l’auteur de Nègres blancs d’Amérique.

Robert Graham, Trois Photographes Montréalais + — Zoë Tousignant, L’histoire de la photographie à Montréal selon Robert Graham

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Portfolios
Auteurs : Zoë Tousignant | Artistes : Donigan Cumming, Michel Campeau, Tom Gibson

Reflet des activités de critique et de collectionneur de Robert Graham, cette exposition autour de photographes montréalais (et plus encore) ouvre de larges perspectives. Elle rend compte d’une démarche qui conjugue l’acquisition d’œuvres et la fréquentation de leurs auteurs (en occurrence Tom Gibson, Donigan Cumming et Michel Campeau) au développement d’une vision critique de la photographie. Zoë Tousignant défend le principe qu’une image s’apprécie autant par ce qu’elle montre que par ce qu’elle ne montre pas. Elle signale que Graham, dont les œuvres de sa collection sont « les corrélats visuels » de sa pensée, s’intéresse au parergon, concept de Jacques Derrida voulant que ce qui « réside à l’extérieur d’une œuvre est fondamental ». « Raconter l’histoire de la photographie à Montréal ne peut se faire en excluant ce qui lui est extérieur », écrit Zoë Tousignant pour qui la présence d’images de Muybridge, Tichý et Parr permet « l’imbrication totale de la scène locale dans la sphère internationale ».

Amandine Alessandra, Marine Baudrillard, Carole Lévesque, Katharina Niemeyer et Magali Uhl, Écran total — Edward Pérez-­González, La machine d’absence

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Portfolios
Auteurs : Edward Pérez-González | Artistes : Charlie Doyon

Issue d’un projet de recherche autour de la réflexion de Jean Baudrillard sur la notion d’« écran total », cette exposition réunit sept artistes qui commentent l’omniprésence de l’écran et ses impacts sur nos vies. Selon Edward Pérez-González, « les œuvres qui forment le nœud de l’exposition s’appuient sur la vision du monde critique du Baudrillard philosophe […] : un monde où l’énonciateur devient l’écran lui-même ». Le Baudrillard photographe, présent par le biais de ses propres images, propose, lui, de capturer, comme l’écrit Pérez-González, « la valeur de l’expérience […] de ce « je » que je suis ». C’est cette subjectivité, liée à un travail attentionné de la lumière, qui tend à disparaître à l’époque des écrans. « Par l’accumulation des séquences, la décontextualisation et la schématisation s’impose un monde déréalisé, scruté sans états d’âme », résume le critique.

William A. Ewing et Holly Roussell, Civilization – Quelle époque ! — Julie Martin, Une cartographie photographique du 21e siècle

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Portfolios
Auteurs : Julie Martin | Artistes : Massimo Vitali

Deux cents œuvres, cent dix photographes, huit sections… Cette ambitieuse exposition, a constaté Julie Martin, « offre un regard sur les mouvements qui agitent notre monde actuel : ses connexions, ses flux invisibles, ses influences, les mobilités des marchandises et des êtres humains… » La critique base sa réflexion sur le principe de « cartographie cognitive », élaboré par Fredric Jameson pour évoquer ce qui se soustrait à notre regard, à nos sens, à notre expérience. Si elle place Civilization dans la lignée de The Family of Man, exposition culte d’Edward Steichen, c’est pour signaler qu’il s’agit cette fois d’un véritable panorama de la diversité – et non d’un relais de l’hégémonie capitaliste. « Les commissaires ne renoncent pas à l’idée d’une communauté humaine, écrit Julie Martin, mais en respectent les disparités [et] rendent visibles les mécanismes de pouvoir qui modélisent notre monde (que l’exposition The Family of Man dissimulait). »

Présentation thématique : Exposer la photo

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Portfolios

The thematic section in this issue presents three exhibitions that show how photography can contribute to shaping a critical vision of the world. By bringing together a large number of images and points of view, the first sets out to offer an overall sense of the changes affecting global civilization. Inspired by Jean Baudrillard’s notion of the “total screen,” the second contrasts traditional photography and its mutant, digital, and interactive form, which augments the real at the scale of a screen interface. The third highlights the career of a photography critic whose vision is fed by his encounter with the works he has collected and their creators, while being attentive to the development of a photographic community.

Exposer l’image pour dire les mutations du monde

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO | Éditoriaux
Auteurs : Jacques Doyon

Le dossier de ce numéro présente trois expositions illustrant comment la photographie peut contribuer à façonner une vision critique du monde. En rassemblant une grande quantité d’images et de points de vue, la première offre une vue globale des mutations qui affectent la civilisation mondiale. Inspirée de la notion d’« écran total » de Baudrillard, la seconde met en opposition la photographie traditionnelle et sa forme mutante, numérique et interactive, qui redouble le réel à l’échelle d’une interface-écran. La troisième témoigne du parcours d’un critique de la photographie dont la vision se nourrit de la fréquentation d’œuvres et de leurs créateurs, tout en étant attentive au développement d’ensemble d’une communauté photographique.

Ciel variable 118 – EXPOSER LA PHOTO

Ciel variable 118 - EXPOSER LA PHOTO

[Automne 2021]

Le dossier de ce numéro présente trois expositions illustrant comment la photographie peut contribuer à façonner une vision critique du monde. La première entend offrir une vue globale des mutations qui affectent notre civilisation. La seconde met en opposition la photographie traditionnelle et sa forme mutante, numérique et interactive. La troisième témoigne du parcours d’un critique de la photographie dont la vision se nourrit de l’acte de collectionner.

Bertrand Carrière, Apprendre la photographie par les livres — Serge Allaire

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Entrevues
Auteurs : Serge Allaire | Artistes : Bertrand Carrière

Auteur de nombreux livres photographiques en quarante ans de pratique, Bertrand Carrière se confie sur le processus derrière la rétrospective Solstice et révèle être arrivé à la photographie par le biais de publications imprimées. « Mon premier vrai contact, dit-il, a été dans les magazines et l’encyclopédie LIFE. Puis la découverte des livres fut fondamentale. Le premier que j’ai eu fut une petite monographie sur Henri Cartier-Bresson. » « J’ai appris la photographie dans les livres », insiste celui qui privilégie le livre pour le déploiement de ses séries. En amont de ce choix, c’est le travail d’organisation séquentielle des images, comme au cinéma, qui est à la base de son élan créatif. « On crée en retranchant. Si j’ai appris une chose avec la monteuse de mes films (…) c’est la façon de voir l’arbre (l’image) et la forêt (le livre, le film) en même temps : l’importance singulière de chaque image, de chaque plan, dans un tout qui prend sens. »

Ron Jude, 12 Hz — Louis Perreault

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Recensions de publications
Auteurs : Louis Perreault | Artistes : Ron Jude

Ce livre photographique de Ron Jude « vibre sur la table », selon Louis Perreault, tant l’expérience sensorielle proposée déborde du cadre des images. L’auteur estime que Jude, incontournable dans l’univers de l’édition, arrive une fois de plus à innover et amorce ici un virage dans sa pratique : le paysage en est le sujet, la suite narrative des images y est moins déterminante et la stratégie en place fonctionne par accumulation plutôt que par juxtaposition. 12 Hz est « comme une composition musicale, écrit Perreault, chaque image agissant comme une piste sonore additionnée aux autres, vibrant à des fréquences différentes. Comme le compositeur devant la console de mixage, Ron Jude ajuste les niveaux de chaque piste, dosant l’abstraction, les textures, la reproduction de l’espace et des lieux. » La référence aux basses fréquences du titre suggère que les ondes sonores sont des forces qui façonnent les paysages, mouvements imperceptibles dont s’imprègnent les images aux tonalités sombres.

Une histoire mondiale des femmes photographes — Claudia Polledri

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Recensions de publications
Auteurs : Claudia Polledri

Il y avait urgence d’élargir l’histoire de la photographie et le livre dont il est question ici répond à cette nécessité. Le panorama qu’il offre permet de prendre enfin conscience de l’apport des femmes qui ont exercé le métier de photographe, y compris celles qui ont œuvré en dehors des pays occidentaux, trop souvent les seuls à être considérés. « Sans être exhaustive, cette histoire de la photographie mondiale au féminin, en documentant le regard de l’autre, est à la fois remarquable et surprenante », note Claudia Polledri. À ses yeux, l’universalisme et le décentrement culturel prônés par Marie Robert et Luce Lebart peuvent servir d’exemple pour des recherches ultérieures. L’ambition du programme se mesure en chiffres : 450 images, 300 photographes, 160 autrices. Pour s’y retrouver, Polledri propose trois lectures possibles : les professions pratiquées, la photographie comme outil de lutte sociale et les questions identitaires.

Rejouer le vivant – Amélie Giguère

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Recensions de publications
Auteurs : Amélie Giguère, Anne Bénichou

Spécialiste de la documentation artistique, Anne Bénichou se penche dans ce livre sur le reenactment – « recréation, reconstitution, reprise et autres formes de réactivation vivante d’œuvres [et] phénomènes culturels ». Elle y étudie des exemples variés qui lui permettent de faire des rapprochements a priori douteux, mais au bout du compte convaincants, selon ce qu’en a pensé Amélie Giguère. L’ouvrage présente les procédés de reenactment, pouvant être de l’ordre de l’immersion comme de la distanciation, revient sur des cas controversés en cette ère où l’appropriation est un acte répréhensible et pointe les choix des musées à « collectionner et patrimonialiser le vivant », en citant Marina Abramovic et ses reprises de ses propres performances. Le reenactment devient alors un document vivant, et c’est qui est enrichissant, selon Giguère. Ceci permet, observe-t-elle, « de s’émanciper des dichotomies au cœur des réflexions depuis vingt ans » : le live et l’enregistré, l’œuvre et sa documentation, l’original et ses copies, l’authentique et l’inauthentique.

Richard Ibghy & Marilou Lemmens, Querelle entre deux puces pour savoir à qui appartient le chien sur lequel elles vivent — Noémie Fortin

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Critiques d'expositions
Auteurs : Noémie Fortin | Artistes : Richard Ibghy & Marilou Lemmens

Les œuvres vidéographiques, installatives et photographiques qui composent l’exposition née d’une résidence à la Fondation Grantham offrent « un portrait à la fois sensible et informé de l’utilisation, de la contamination et de l’appropriation des terres en milieu rural », selon ce qu’en conclut Noémie Fortin. Richard Ibghy et Marilou Lemmens poursuivent ici leur démarche basée sur le désir de matérialiser et de rendre « visibles » des concepts abstraits, voire des études censurées – le cas de l’œuvre L’affaire Louis Robert. Ils pointent aussi le contraste qui existe dans la culture de la terre, entre « violence et soins inhérents », comme dans la vidéo Herber, désherber. « Les pièces qu’ils y rassemblent offrent différentes portes d’entrée sur les enjeux de propriété et d’exclusion […], afin de susciter, note Noémie Fortin, une réaction affective et une réflexion critique. »

John Akomfrah, Vertigo Sea — Jill Glessing

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Critiques d'expositions
Auteurs : Jill Glessing | Artistes : John Akomfrah

Vidéo à trois canaux, Vertigo Sea propose un environnement immersif et panoramique qui s’appuie sur « un montage puissant » d’images fixes et en mouvement, ainsi que de sons juxtaposés et superposés, incluant musiques, enregistrements de la nature, chansons et textes en voix hors champ. Le récit que propose John Akomfrah fait de la mer, « espace d’histoire, de beauté et d’abondance », un « théâtre de désastre ». Ce sont les « forces humaines » qui ont provoqué cette transformation, selon ce que montre la succession d’images, entre l’évocation de l’esclavage et la pollution des eaux. En dépit des références à Géricault, Turner, Friedrich, Melville ou Woolf, « l’œuvre, écrit Jill Glessing, pousse le public à s’interroger sur sa relation contemporaine à la barbarie perpétrée au cœur même et à l’encontre de ce paradis aquatique. »

Sara A. Tremblay, Tout t’empêche — Paule Mackrous

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Critiques d'expositions
Auteurs : Paule Mackrous | Artistes : Sara A. Tremblay

Réalisé dans le contexte d’une réclusion imposée par la pandémie, l’essai visuel et virtuel Tout t’empêche, diffusé sur le réseau Instagram, s’est avéré un projet sensé, sensible à la réalité de la crise sanitaire et au courant d’autonomie alimentaire. Par le biais d’une série d’images de récoltes de fleurs, fruits et végétaux, Sara A. Tremblay met en scène son quotidien dans une ferme d’Orford. Pour Paule Mackrous, il s’agit là d’un « rituel » dont la portée dépasse le cadre intime, en valorisant un écosystème fait de lumière, de vent, d’insectes, d’une faune nocturne… « Cela offre un contrepoids aux effets directs aussi bien qu’indirects de la COVID-19 comme l’anosmie et l’agueusie (perte d’odorat et de goût), la distanciation physique et l’impératif de ne rien toucher, des effets qui nous préviennent d’expérimenter le monde dans toutes ses dimensions sensorielles. »

Gagnon-Forest, Séquence aérienne — Élisabeth Recurt

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Critiques d'expositions
Auteurs : Élisabeth Recurt | Artistes : Gagnon-Forest

Sensible aux problématiques liant espace et imaginaire collectif, le duo Gagnon-Forest œuvre à partir de préoccupations sociologiques et esthétiques. Le projet en six photographies qu’il a inséré dans les verrières d’un bâtiment municipal alterne images scientifiques (topographiques) et paysages brouillés par la combinaison de points de vue (le principe de la parallaxe). Les premières, numérisations cadastrales en noir et blanc, opposent leur objectivité à la subjectivité des secondes, teintées de bleu. Pour Élisabeth Recurt, cette somme de « qualité informationnelle » et de « qualité visuelle à teneur fictive » pointe des contraintes urbaines et évoque un ailleurs inaccessible. Les « trames sociologique et poétique » de Séquence aérienne lui rappellent la pratique de Melvin Charney, qui réfléchissait « à la domination de la dimension fonctionnelle urbanistique au détriment du social » et qui liait dans ses œuvres réel et fiction.

Stan Douglas, Penn Station’s Half Century — Stefan Zebrowski-Rubin

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Critiques d'expositions
Auteurs : Stefan Zebrowski-Rubin | Artistes : Stan Douglas

Commandée par le Public Art Fund et l’Empire State Development pour un nouveau hall de gare, l’œuvre Penn Station’s Half Century revient sur un pan de l’histoire de la ville de New York. Son auteur, Stan Douglas, a reconstitué des récits autour de la Penn Station, dont la démolition en 1963 a été le catalyseur du mouvement moderne pour la préservation du patrimoine. Les quatre panneaux photographiques, qui superposent faits et fiction, sont « des tableaux époustouflants », de l’avis de Stefan Zebrowski-Rubin. « L’approche conceptuelle léchée de l’école de photographie de Vancouver prend ici un nouveau souffle épique », estime le critique, qui relève l’audace technique derrière le processus de création. « La maîtrise et envergure » dont fait preuve Douglas sont de bon augure, signale-t-il, à l’approche de la Biennale de Venise 2022, où celui-ci occupera le pavillon du Canada.

Isabelle Hayeur, (D)énoncer — Jean De Julio-Paquin

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Critiques d'expositions
Auteurs : Jean De Julio-Paquin | Artistes : Isabelle Hayeur

Avec (D)énoncer, Isabelle Hayeur signe un projet d’envergure sociale et politique. Son œuvre explore les fractures entre idéal et réel, et les impacts écologiques et sociaux de nos actions.

Sandra Brewster, Works from series: Smith, Blur; Video: Walk on by — Érika Nimis

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Critiques d'expositions
Auteurs : Erika Nimis | Artistes : Sandra Brewster

Artiste revendiquant le droit à l’opacité, concept cher à Édouard Glissant, Sandra Brewster repense la condition noire (Blackness) pour la situer quelque part « entre visibilité et invisibilité ». C’est ce que conclut Érika Nimis dans sa critique d’une exposition « tout en finesse », orientée vers la déconstruction de la représentation des personnes racisées. Née à Toronto, Brewster utilise le transfert d’images, sur une variété de supports (papier, bois, vidéo), comme « une métaphore du mouvement, celui entre autres de la migration de sa famille », signale Nimis. Temps d’exposition longs, modèles mobiles, effets aléatoires, l’artiste cherche par bien des moyens à défier le lourd héritage des pratiques photographiques et à casser la notion de communauté noire monolithique. Enfin, toujours selon Nimis, la réponse la plus efficace à la stigmatisation des apparences se trouve peut-être dans le mouvement.

Judith Bellavance, Le goût de la durée — Mona Hakim

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Critiques d'expositions
Auteurs : Mona Hakim | Artistes : Judith Bellavance

Sensible à la mémoire, à la perte et à l’affect, Judith Bellavance a trouvé auprès d’une communauté irlandaise de Gaspésie, et en particulier dans un sous-sol d’église figé dans le temps, le sujet de sa série Le goût de la durée. Selon Mona Hakim, Judith Bellavance reconstitue « un récit personnel à même les marques d’usure du site et les objets emblématiques qui y figurent ». En prenant le parti de la « magnification », elle témoigne du souci des usagers à « prendre soin » de leur milieu de vie. « À l’heure où l’on s’interroge sur le sort de notre architecture patrimoniale et religieuse, écrit Hakim, Le goût de la durée suscite avec une grande sensibilité et poésie des réflexions sur notre rapport à l’histoire et à la mémoire, sur un héritage à fleur de peau. »

Chih-Chien Wang. Don d’images — Sylvain Campeau

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Essais
Auteurs : Sylvain Campeau | Artistes : Chih-Chien Wang

Sylvain Campeau explore chez Chih-Chien Wang la nature morte et la thématique du don. À travers fruits, repas et récits partagés, il révèle une œuvre où échange et humanité se répondent.

Évariste Desparois. Histoire d’une disparition — Sébastien Hudon

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Essais
Auteurs : Sébastien Hudon | Artistes : Évariste Desparois

C’est la découverte de facsimilés d’œuvres d’Évariste Desparois, et leur acquisition, qui est à l’origine de l’essai de Sébastien Hudon. Le texte, sorte de premier pan d’une enquête au long cours, a la noble mission de faire émerger de l’oubli un artiste inventif, auteur de photomontages qui lui ont donné sa gloire éphémère. Inconnu des historiens, mystérieux y compris jusque dans son décès, Desparois émerge à l’époque où la modernité au Québec prend son envol. En s’appuyant sur une documentation éparse, Sébastien Hudon suit le parcours de l’homme, trouve trace de lui en Europe, dans le giron de Riopelle et de Borduas. « Que s’est-il passé pour qu’un artiste contemporain des signataires de Prisme d’yeux et de Refus global puisse avoir été à ce point occulté de l’histoire de l’art et de la photographie au Québec ? se demande le chercheur. L’étonnante disparition d’Évariste Desparois, ainsi que le morcellement de son œuvre, raconte le sort réservé à tant d’artistes. »

Alessandra Sanguinetti, Alec Soth, Araki Nobuyoshi / Juergen Teller. Correspondances et aventures livresques — Jérôme Delgado

Ciel variable 117 - DÉCALÉ | Essais
Auteurs : Jérôme Delgado | Artistes : Alec Soth, Alessandra Sanguinetti, Araki Nobuyoshi, Juergen Teller

Quatre photographes, trois livres, deux cousines, un détenu… Derrière son contenu hétéroclite, l’essai aborde la correspondance comme une source de créativité et de rapprochement entre des individus distants culturellement, socialement ou physiquement. Confiné pendant la pandémie, le photographe Alec Soth a entretenu un échange épistolaire avec un homme, C. Fausto Cabrera, reclus, lui, dans une prison. Le résultat s’est traduit en un livre et deux images inusitées. Pendant des années, voire des décennies, la photographe Alessandra Sanguinetti a fait des allers-retours dans la campagne argentine auprès de deux cousines qui deviennent, au fil des images, à la fois ses correspondantes créatives et les protagonistes de leurs aventures. Tous deux photographes attirés par la chair et la vie, Araki Nobuyoshi et Juergen Teller proposent, quant à eux, un dialogue purement visuel. Leur livre témoigne, telle une correspondance, d’une profonde amitié, d’une reconnaissance mutuelle et du passage du temps.

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